Bulletin d`information de l`Université de Lausanne

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Bulletin d`information de l`Université de Lausanne
Bulletin d'information de l'Université de Lausanne
Editorial
En marge de la cinquième
assemblée de la Conférence des
recteurs européens, à Bologne
L'autonomie
des Universités:
l'enjeu
d'une ouverture
J p O N D É E en 1950 sur l'initiative des v i c e - c h a n c e l i e r s et
r e c t e u r s de G r a n d e - B r e t a g n e et des P a y s - B a s , auxquels
vinrent se joindre l e u r s collègues de Belgique, de F r a n c e ,
d'Allemagne, d'Italie et de S u i s s e , la Conférence des r e c ­
teurs européens ( C R E ) réunit à ce jour l e s r e p r é s e n t a n t s
de plus de 300 u n i v e r s i t é s , dont c e l l e s de Yougoslavie et
une dizaine d'autres situées dans l e s pays de l ' E s t .
La C R E est un organe d'information et de réflexion, sans
pouvoirs de décision. Elle ne fait pas de recommandations.
Son r ô l e est de donner aux r e s p o n s a b l e s des u n i v e r s i t é s
européennes la possibilité de se r e n c o n t r e r , d'échanger des
informations, de confronter l e u r s problèmes et d'en r e c h e r ­
c h e r l e s solutions en toute indépendance, notamment v i s - à vis des E t a t s , des institutions gouvernementales et i n t e r ­
gouvernementales .
Cette l i b e r t é traduit au plan européen l'autonomie dont
jouissent la plupart des universités du continent. Elle con­
f è r e aux r é f l e x i o n s , aux discussions ainsi qu'aux méthodes
de travail de la Conférence un style unique en son g e n r e ,
lequel a été pour beaucoup dans l e s s u c c è s remportés par la
C R E au cours des cinq d e r n i è r e s a n n é e s . Tel est du moins
l ' a v i s général non seulement des participants et des o b s e r ­
vateurs aux séminaires organisés par la Conférence deux
fois par année, mais aussi des r e c t e u r s et v i c e - c h a n c e l i e r s
qui prirent part aux travaux de la cinquième assemblée
générale au mois de septembre d e r n i e r , à Bologne.
Or il s e trouve aujourd'hui que l e s r é u s s i t e s obtenues par
la C R E sont à l'origine d'une action d'envergure, de nature
à remettre en question précisément cette l i b e r t é de r é f l e ­
xion et de discussion qui est à l'origine de c e s s u c c è s .
SUR LA COUVERTURE :
Bologne,
le "Palazzo del Podestà"
(Photo ENIT - Rome)
Manifestement impressionnés par l'influence c r o i s s a n t e de
la C R E dans la vie des universités européennes, plusieurs
pays ont pris l'initiative de f a i r e voter une importante r é s o ­
lution ( № 11/ 1 5 ) à la deuxième Conférence des ministres
de l'éducation des pays membres de l ' U N E S C O , qui s ' e s t
tenue à B u c a r e s t en 1 9 7 3 . Cette résolution recommande
notamment aux u n i v e r s i t é s européennes, aux gouvernements
européens et au D i r e c t e u r général de l ' U N E S C O d'encourager la création d'une "Association des universités europé­
e n n e s " , en utilisant à cette fin " l e s s t r u c t u r e s e x i s t a n t e s " .
C'est le lieu de r a p p e l e r que, sous l'impulsion du v i c e -
1
c h a n c e l i e r Albert E . S l o m a n , président de la C R E
pendant la période allant de 1969 à 1974-, la Conférence
avait pratiqué une politique d'ouverture auprès des pays de
l ' E s t et qu'après avoir connu un s u c c è s indéniable — l ' a d ­
mission d'une vingtaine d'universités de c e s pays - cette
politique s ' é t a i t heurtée à une r é s i s t a n c e difficilement e x ­
plicable .
Il n ' e s t donc pas surprenant que la recommandation № 11/15
de la Conférence de B u c a r e s t ait contraint la C R E à r e ­
c o n s i d é r e r sa politique d'ouverture à l ' E s t . C ' e s t ainsi
que l ' a s s e m b l é e générale de Bologne a demandé à son Co­
mité exécutif d'étudier une révision des statuts a v e c , pour
o b j e c t i f , d'encourager davantage encore l'adhésion à la
C R E des u n i v e r s i t é s des pays de l ' E s t . Toutefois, l ' a s ­
semblée générale a souligné de façon nette que cette r é v i ­
sion ne devait pas toucher à l ' e s s e n t i e l : la Conférence
doit r e s t e r un organisme indépendant, aussi bien v i s - à - v i s
des Etats que des institutions gouvernementales ou i n t e r ­
gouvernementales, et ne doivent y s i é g e r que l e s r e s p o n s a ­
bles (executive h e a d s ) des u n i v e r s i t é s , à l'exclusion d'ad­
ministrateurs ou de personnalités politiques.
Solidement fondée, cette position a, par l a s u i t e , été c e l l e
d'une l a r g e majorité parmi l e s délégués des u n i v e r s i t é s
européennes de l ' E s t et de l ' O u e s t , réunis à Bologne à
l ' i s s u e de l ' a s s e m b l é e générale de la C R E . Là cependant,
cette position s ' e s t heurtée à la revendication venue de
c e r t a i n s pays de l ' E s t , et selon laquelle la nouvelle a s s o ­
ciation devrait a c c u e i l l i r l e s u n i v e r s i t é s de c e s pays en
qualité de "membres fondateurs" à parfaite égalité avec
l e s universités dont l e s r e s p o n s a b l e s siègent depuis vingt
ans déjà à la C R E . Aux j u r i s t e s de f a i r e preuve d'imagina­
tion pour l e v e r une difficulté p e u t - ê t r e plus formelle que
réelle.
A la r é f l e x i o n , l'on peut toutefois se demander si la partie
décisive ne va pas se j o u e r en marge du débat s u r l e s s t a ­
tuts - si important qu'il puisse p a r a î t r e . Ce n ' e s t en effet
un s e c r e t pour personne que dans la grande majorité des
u n i v e r s i t é s appartenant aux pays de l ' E s t , le r e c t e u r - ou
son équivalent - est souvent un homme politique, rompu à
des techniques d'information, de discussion et de n é g o c i a ­
tion qui n'ont guère cours dans l e s u n i v e r s i t é s de l ' O u e s t .
Ainsi, quelle que soit la teneur finale des statuts d'une
future Conférence groupant tous l e s r e s p o n s a b l e s des Uni­
v e r s i t é s européennes - C R E é l a r g i e ou nouvelle a s s o c i a ­
tion - la p r é s e n c e d'une centaine de r e c t e u r s " p o l i t i q u e s "
pourrait changer profondément le style et l e s méthodes qui
furent et qui sont c e l l e s de la C R E . Au point que l'on
devrait sérieusement s ' i n t e r r o g e r pour s a v o i r s i , en défini­
t i v e , le jeu de l'ouverture vaut bien la chandelle de l ' a u t o ­
nomie .'
Dominique R i v i e r
Photopress
Cérémonie d'ouverture de la Conférence des r e c t e u r s européens, le 2 septembre 1974, dans la
s a l l e des fêtes du P a l a z z o Re Enzo, à Bologne.
On reconnaît au premier rang, de gauche à droite :
Le Prof. Ihsan Dogramaci, recteur de l'Université d'Ankara
Le Prof. Ludwig Raiser, Tiïbingen, nouveau président de la CRE
Le Prof. Jean Roche, Paris, Délégation générale aux relations universitaires internationales
Le Prof. Dominique Rivier, recteur de l'Université de Lausanne
Le D Guido Padalino, commissaire du Gouvernement et préfet de Bologne
M. Guido Fanti, président de la Junte régionale
L'Hon. Giancarlo Tesini, représentant du président de la Chambre
S. Em. le Cardinal Antonio Poma, archevêque de Bologne
S. Exc. M. Giovanni Leone, président de la République
L'Hon. Dino Limoni, représentant du président du Sénat
L'Hon. Enzo Capalozza, représentant de la Cour constitutionnelle
Le Prof. Edoardo Volterra, juge à la Cour constitutionnelle
L'Hon. Silvano Armaroli, président du Conseil régional
Au deuxième rang (apparaissant entre MM. Fanti et Tesini) : le Prof. François Luchaire, président
de l'Université Paris I Panthéon-Sorbonne, et juste derrière lui (au troisième rang, le bas du
visage caché), le Prof. Andreas Miller, Saint-Gall, secrétaire général de la Conférence des
recteurs des Hautes Ecoles de la Suisse
r
2
3
L'assemblée de la
Conférence des recteurs
européens, à Bologne
Le financement de base une fois assuré, ce sont
les structures de l'appareil universitaire
qu'il convient de passer à la loupe. Un groupe
de travail formé en majorité de juristes s'y
consacra sous la présidence du Prof. Sven
Johansson, recteur de l'Université de Lund en
Suède : "le gouvernement des universités" avec
le concours du Prof. Siegfried Korninger, recteur de l'Université de Vienne. Si l'Etat finance l'université, celle-ci doit néanmoins
garder son indépendance. Cette question fondamentale, qui avait déjà fait l'objet d'études
lors de la conférence de Genève en 19Ô9> fut
introduite par Sir Kenneth Berrill qui, jusqu'à
récemment, présidait le University Grants Committee britannique avant que ne lui soient confiées d'importantes responsabilités gouvernementales. Les questions organisationnelles furent traitées par les Prof. Werner ICnopp, président de la Westdeutsche Rektorenkonferenz et
recteur de l'Université de Muenster (la planification des universités et sa mise en oeuvre)
et Aloïs Gerlo, recteur de la Vrije Universiteit de Bruxelles (les structures internes des
universités).
^ O U S les cinq ans a lieu l'assemblée générale
de la Conférence des Recteurs Européens
(Cambridge 1955, Dijon 1959, Goettingen 1964,
Genève 1969). La conférence qui vient de s'achever à Bologne dépassait en ampleur les précédentes : quelque 250 universités de toutes les
parties de l'Europe y étaient représentées.
Le sujet à l'étude : "Les universités européennes 1975 / 1 9 8 5 " ) invitait à se poser les deux
questions prospectives suivantes : "Que devrait
être l'enseignement supérieur au cours de la
prochaine décennie?" et "Quels sont les moyens
nécessaires pour réaliser ces objectifs ?" .
Le problème - clef est bien sûr le financement
des universités, et la conférence y consacra
l'un de ses cinq groupes de travail, présidé
par Sir Arthur Vick, vice-chancelier de la
Queen's University de Belfast. Les rapports
avaient été préparés par le Prof. Jean-Louis
Quermonne, président de l'Université des sciences sociales de Grenoble (les subsides périodiques des universités, dits "crédits de fonctionnement"), le Prof. Dominique Rivier, recteur de l'Université de Lausanne (le financement des investissements universitaires), M.
Olav Trovik, directeur de l'Université d'Oslo
(le financement de l'étudiant) et le Prof. Nikolaus Fiebiger, vice-président de la Westdeutsche Rektorenkonferenz et ancien recteur de
l'Université d'Erlangen - Nuremberg (les plans
financiers, le budget et leur contrôle).
Le débat sur la représentation des différents
groupes constituant l'université fut introduit
par le Prof. Michel Alliot, président de l'Université Paris VII. Ce fut l'occasion de faire
le bilan sur les multiples expériences de participation tentées au cours de ces dernières
années, de façon très diverse, dans les différents pays européens.
Tous les milieux universitaires s'accordent à
reconnaître l'insuffisance des moyens financiers mis à disposition. Il convient donc de
trouver de nouvelles sources et de rationaliser
au maximum l'utilisation des ressources. L'Etat, principal bailleur de fonds, doit être
convaincu de l'importance des investissements
dans le secteur de la formation et de la recherche, qui produiront la vraie richesse d'un
pays dans dix ans, dans vingt ans, spécialement
dans la période de crise où nous nous trouvons
actuellement.
formation universitaire, préparé par le Prof.
André Jaumotte, recteur de l'Université libre
de Bruxelles, les méthodes d'enseignement et
d'évaluation des résultats, présenté par le
Prof. Dragoljub Dimkovic, ancien recteur de
l'Université de Novi Sad, le processus de formation (Prof. Paulo Prodi, recteur de la Libéra
Università di Trento) et les nouvelles orientations de la formation universitaire (Lord Boyle
of Handsworth, vice-chancelier de l'Université
de Leeds).
Les organes de la CRE ont été renouvelés et le
Prof. Ludwig Raiser, de Tuebingen, a été élu
président. Successivement recteur de deux parmi
les plus prestigieuses universités d'Europe,
celles de Goettingen et Tuebingen, le Prof. L.
Raiser a présidé les trois principaux organes
universitaires allemands : le Wissenschaftsrat,
la Deutsche Forschungsgemeinschaft et la Westdeutsche Rektorenkonferenz. Il fut, jusqu'à
récemment, président du synode de l'Eglise protestante allemande. C'est le quatrième président de la CRE, le Français Marcel Bouchard, le
Suisse Jaques Courvoisier et le Britannique
Albert Sloman l'ayant précédé.
Le groupe "recherche" était dirigé par le Recteur Faillard, de Sarrebruck. On y traita successivement du rôle de la recherche dans l'université (rapport présenté par les chercheurs
italiens Alessandro Faedo et Claudio Villi),
des conditions matérielles et financières de la
recherche universitaire (Prof. Michel Soutif,
président de l'Université scientifique et médicale de Grenoble), de la collaboration en matière de recherche au niveau national et international (D A. Merrison, vice-chancelier de
l'Université de Bristol) et de la recherche
financée ou contractuelle (Prof. Mogens Fog,
ancien recteur de l'Université de Copenhague).
Le rapport de synthèse a été rédigé par le
Prof. Gerrit Vossers, recteur de l'Université
technique d'Eindhoven.
Le Prof. François Luchaire, président de l'Université Paris I Panthéon -Sorbonne, a été élu
vice-président.
Au lendemain de l'assemblée, le 17 septembre
1974, les membres de la CRE se sont réunis, sur
invitation du Recteur Tito Carnacini, de l'Université de Bologne, avec une douzaine de représentants d'universités non-membres, afin d'étudier l'opportunité de créer une nouvelle association des universités européennes. Si l'unanimité se fait sur le principe de pouvoir disposer d'un tel organisme, les avis divergent
sur le chemin à suivre pour réaliser ce projet.
La majorité des universités, et parmi elles
celles des Etats membres de la Communauté européenne, voudraient que la CRE poursuive ses
travaux et change de nom. D'autres universités,
spécialement des pays d'Europe orientale, préféreraient voir se créer un nouvel organisme
auquel viendraient adhérer les membres actuels
de la CRE. Tous cependant sont conscients des
difficultés qu'implique une création ex nihilo,
et afin de trouver un compromis, une commission
de sept personnalités a été mise en place. Cette dernière a tenu sa première séance et se
réunira les 6 et 7 décembre prochain à Sofia.
Un groupe restreint, constitué du président de
la CRE, le Prof. Ludwig Raiser, du vice-recteur
de Moscou, le Prof. Sergueiev, et le Recteur
Tito Carnacini, de Bologne, est chargé de défricher le terrain et se retrouvera le 14 octobre prochain à Bologne.
r
Un sujet plus général, touchant à la fois à la
sociologie et à l'économie, "L'université et
les besoins nouveaux de la société", était animé par le Prof. François Luchaire, président de
l'Université de Paris I Panthéon —Sorbonne, et
fut l'objet de quatre débats très suivis : le
rôle de l'université dans la société nouvelle
(R. P. Hervé Carrier, président de la Fédération internationale des universités catholiques
et recteur de l'Université pontificale grégorienne de Rome), l'accès à l'université (Prof.
Zygmunt Rybicki, recteur de l'Université de
Varsovie), le rôle de l'université dans l'éducation permanente (Prof. Walter Riïegg, ancien
recteur de l'Université de Francfort-sur-leMain), et les universités et l'emploi (D J.
Drever, principal de l'Université de Dundee, en
Ecosse). Tous les rapports sont disponibles en
versions française et anglaise auprès du secrétariat de la CRE, à l'Université de Genève. Un
volume comprenant les textes principaux sera
publié à la fin de 1974.
r
La CRE compte actuellement 314 universités membres, de 25 pays d'Europe. Son siège est à
Genève.
(Comm.)
Les deux missions traditionnelles de l'université, la formation et la recherche, ont fait
l'objet chacune d'un groupe de travail. Le
Prof. Luigi Dadda, recteur de l'Université
polytechnique de Milan, présidait le groupe
consacré à la formation universitaire, avec le
concours , pour le rapport de synthèse, du
Prof. Claude Champaud, premier vice-président
de la Conférence des présidents d'université et
président de l'Université de Rennes. Quatre sujets étaient à l'étude : les objectifs de la
4
5
B O L O G N E
LA
PLUS
LA VIE UNIVERSITAIRE LAUSANNOISE
VIEILLE
UNIVERSITÉ
DU
MONDE
L a Ville de Bologne peut s ' e n o r g u e i l l i r , à
juste t i t r e , de p o s s é d e r la plus ancienne
université du monde. B i e n que l a date
exacte de s a fondation ne soit pas connue,
on peut affirmer que Bologne était un grand
centre de culture v e r s le milieu du X I
s i è c l e , c a r des documents permettent
d'établir qu'un enseignement de droit y
était déjà donné avant 1 0 6 7 . Au début du
X I I s i è c l e , la réputation de Bologne
s'étend rapidement et l e s étudiants affluent
bientôt de toute l ' E u r o p e . L e t i t r e
d'université
apparart plus t a r d , après
la r e c o n n a i s s a n c e par l'empereur F r é d é r i c B a r b e r o u s s e , en 1 1 5 8 ; on distingue même,
à Bologne, deux u n i v e r s i t é s , l'une pour l e s
Italiens (Università dei Citramontani),
l ' a u t r e pour l e s é t r a n g e r s (Università degli
Ultramontani), ayant toutes deux leur
propre r e c t e u r .'
Du neuf pour les SSP
e
e
Aujourd'hui, l ' U n i v e r s i t é de Bologne e s t
l'une des plus f l o r i s s a n t e s d ' I t a l i e . Elle
compte douze facultés, dans l e s q u e l l e s
"^/UILLERMET, 3 - 5 : vieille b â t i s s e au fond d'une cour de la C i t é ,
Vinet, 19 : immeuble tout neuf, à façade de v e r r e et d ' a c i e r ;
Voilà le changement tant attendu, auquel pourtant on ne croyait plus :
L'Ecole
des
sciences
sociales
et
politiques
a déménagé 1
P l a n s , p r é v i s i o n s , déménagement imminent, puis abandon du p r o j e t .
Autre p r o j e t , partiel : un appartement s o l l i c i t é i c i , pour la psychologie, un a u t r e , plus loin,
pour l e s s c i e n c e s s o c i a l e s . L ' E c o l e g r a n d i s s a i t , é c l a t a i t , mais n ' a r r i v a i t pas à se loger de
manière suffisante.
Quand le dernier projet - le vrai - d é m a r r e , le scepticisme r è g n e . Oui, on p r é p a r e r a , oui, on
Une entrée engageante, un accueil souriant
6
7
comptera l e s mètres c a r r é s - ah! quel c a s s e tête 1 à c r o i r e que chacun avait un mètre
réglable à volonté - mais on ne veut pas trop
compter sur cet immeuble en construction.
P r o j e t i n t é r e s s a n t ? C e r t e s , mais à une condi­
tion, c e l l e d'y ê t r e r e g r o u p é , de pouvoir
r e n c o n t r e r l e s gens avec f a c i l i t é , de ne pas
ê t r e obligé de s ' é c r i r e à tout moment entre
unités de la même E c o l e . Sans compter que l e s
étudiants fréquentent peu le bâtiment du 3 , rue
Vuillermet, et prétendent à tout propos ne pas
être i n f o r m é s .
Leitmotiv de la préparation du déménagement :
— nous
voulons
être
ensemble!
Au r e z - d e - c h a u s s é e , un hall sur lequel
s'ouvrent quatre s a l l e s de séminaire, la
P r é s i d e n c e et le s e c r é t a r i a t ; à l ' e n t r e s o l ,
auquel on accède par un e s c a l i e r i n t é r i e u r ,
la bibliothèque, regroupée elle a u s s i , et
pourvue de rayonnages métalliques d'usage
t r è s pratique.
L e s avantages escomptés - à savoir ceux du
regroupement - sont évidents et fort a p p r é c i é s .
Le bruit court même que l e s gens de l'Institut
de s c i e n c e politique, r e s t é s à S a i n t - M a r t i n ,
regrettent de n ' ê t r e pas sous le même toit.
Heureusement que l e nouveau P r é s i d e n t de
l ' E c o l e , le P r o f e s s e u r Roland Ruffieux,
établit le l i e n . . .
Deux étages ? - Non,... trop peu.
T r o i s é t a g e s ? —Non,... encore trop peu.
Quatre étages et demi? - Oui, bien q u e . . .
Certains ont perdu des mètres c a r r é s , d'autres
en ont gagné, mais en p r i n c i p e , l e s u t i l i s a t e u r s
des nouveaux locaux sont s a t i s f a i t s du change­
ment : des locaux, petits p a r f o i s , mais c l a i r s ,
n e t s , p r o p r e s , r a t i o n n e l s , à défaut d'être
romantiques...
A
bibliothèque des SSP
Hier... A
Deux aspects de la nouvelle
8
•
^
-
9
Aujourd'hui
SOCIOLOGIE
UER de la section de sociologie y accomplit
une bonne partie de son activité hors t e r r a i n
et y déposera une masse de documents. L e s
é t a g è r e s et armoires ne r e s t e r o n t pas long­
temps vides 1
DES
COMMUNICATIONS
DE
MASSE
J^'Institut de sociologie des communications
de m a s s e , quittant l e s slums sympathiques,
mais en dégradation c r o i s s a n t e de la Riponne,
4-, se trouve désormais au 4 - étage du nouvel
immeuble de l'avenue Vinet, 19. La s a l l e de
séminaire et de vidéo a c c u e i l l e l e s étudiants
qui suivent l e s enseignements de sociologie de
la culture, des communications de masse et du
t r a v a i l , assumés par le P r o f . A. W i l l e n e r , en
collaboration avec l'équipe des a s s i s t a n t s de
l'Institut. Des d o s s i e r s et des l i v r e s "en r é f é ­
r e n c e " sont déposés s u r l e s rayons de cette
s a l l e , emportés depuis la Riponne.
Ce déménagement, en r é a l i s a n t un r e g r o u p e ­
ment des enseignants, des c h e r c h e u r s et des
s e c r é t a r i a t s , donne un peu d'espoir : il p r o ­
duira probablement une s é r i e de contacts plus
nombreux, moins f o r m e l s , et permettra d'at­
tendre plus sereinement, dans un isolement
moindre des s o u s - g r o u p e s , l'installation à
Dorigny.
m e
SECTION
DE
PSYCHOLOGIE
que des S S P , à l ' e n t r e s o l .
Relevons encore en passant qu'une implanta­
tion en pleine ville n'apparaît pas moins stimu­
lante pour le t r a v a i l intellectuel que l ' i s o l e ­
ment du campus.
J 7 N T R E la route du S i g n a l , l'Ancienne Aca­
démie, la Riponne, 4-, et Vuillermet, 3 ,
pendant plusieurs années en situation de t r a n ­
s i t , l e s membres de la section de psychologie
ont largement vécu l ' e x p é r i e n c e de la d i s p e r ­
sion ; à v r a i d i r e , i l s en ont surtout supporté
l e s inconvénients. Dès l o r s , ils apprécient à
leur juste valeur l e s avantages et l'agrément
que r e p r é s e n t e l'unité de l i e u , r é a l i s é e au­
jourd'hui par l'installation au 19, a v . Vinet.
Finalement, l'amélioration, substantielle, que
constitue le t r a n s f e r t de la rue Vuillermet à
l'avenue Vinet ne doit pas nous f a i r e oublier
deux préoccupations majeures : d'une part
l e s relations avec l a section de s c i e n c e politi­
que, toujours i n s t a l l é e à la rue S a i n t - M a r t i n ,
d'autre part le développement (en s u r f a c e ) de
l ' E c o l e jusqu'au t r a n s f e r t à Dorigny, puisqu'aujourd'hui d é j à , nous occupons tous l e s
locaux disponibles.
S i le regroupement du premier c y c l e ( 4 é t a g e ) et du deuxième c y c l e ( 6
é t a g e ) favo­
r i s e d'ores et déjà la collaboration entre
a s s i s t a n t s et enseignants à l ' i n t é r i e u r de la
s e c t i o n , il entraîne également une meilleure
utilisation des r e s s o u r c e s . Mais c e l a vaut
aussi à l ' é c h e l l e plus globale de l ' E c o l e :
me
m e
SECTION
L ' I S C M dispose d'un s e c r é t a r i a t , d'un bureau
des a s s i s t a n t et d'un bureau de p r o f e s s e u r .
Pour les heures de r é c e p t i o n , voir le panneau
d'affichage.
DE
SOCIOLOGIE
Sont également situés au 4
étage le s e c r é t a ­
r i a t de la section de s o c i o l o g i e , des bureaux
de p r o f e s s e u r s , ainsi que deux bureaux de
m a r t r e s - a s s i s t a n t s , dont l'un r e ç o i t l e s étu­
diants à t i t r e de c o n s e i l l e r aux études pour la
sociologie.
m
L a proximité de la bibliothèque des S S P , i n s ­
tallée dans le même immeuble, facilite l e s
travaux de documentation et procure une s a l l e
de t r a v a i l aux étudiants et c h e r c h e u r s .
e
Dès l'installation dans cet immeuble, l e s con­
tacts entre divers membres de la section et de
l ' I S C M se sont développés et continueront
sans doute à le f a i r e . L a mise en commun de
la s a l l e de séminaire i l l u s t r e déjà ce fait fort
réjouissant.
L a s a l l e de séminaire peut r e c e v o i r également
(sur demande) d autres groupes de t r a v a i l .
Pour l'instant, et pour un minimum de six
heures par semaine, le groupe expérimental
1
- d'abord au niveau de l'enseignement p r o p r e ­
ment dit : entre la sociologie ( 4
étage),
les sciences sociales ( 3
é t a g e ) et la p s y ­
chologie, la proximité f a c i l i t e r a et multiplie­
r a l e s r e n c o n t r e s fortuites ou provoquées ;
m e
m e
- ensuite au niveau de la gestion puisque l e s
t r o i s s e c t i o n s mentionnées se retrouvent
dans le même immeuble que l'administration
de l ' E c o l e ( r e z - d e - c h a u s s é e ) et la bibliothè­
lé
Salle de séminaire et de vidéo
Séance de travail au sommet
10
11
SCIENCES
ET
rons que notre rapprochement avec l e s autres
sections de l ' E c o l e va nous permettre d'appro­
fondir nos o b j e c t i f s , de confronter notre
orientation pédagogique avec c e l l e de nos v o i ­
sins , pour notre plus grand bien et celui de
nos étudiants d'autres sections de l ' E c o l e , de
même que des praticiens de l'action s o c i a l e
venant se r e c y c l e r à l ' U n i v e r s i t é , ce qui en­
richit les échanges.
SOCIALES
PSYCHOPÉDAGOGIQUES
y O I C I un an, la section des s c i e n c e s s o c i a ­
l e s et psychopédagogiques se retrouvait
miraculeusement sous toit à la rue P i c h a r d .
Un peu à l ' é t r o i t , sans téléphone, mais ayant
pour la première f o i s , depuis bien cinquante
a n s , pignon sur rue
'.
/
C'est avec beaucoup de r e c o n n a i s s a n c e pour
l'amélioration actuelle de notre situation que
nous formons le voeu de pouvoir nous dévelop­
per e n c o r e , principalement par un a c c r o i s s e ­
ment de notre corps enseignant.
Nous voici maintenant mieux i n t é g r é s e n c o r e à
l ' E c o l e des S S P , puisque nous occupons de­
puis cet é t é , avec la pédagogie, cinq locaux
au 3
étage du 19, a v . Vinet. Ce n ' e s t pas
encore tout l ' e s p a c e vital dont nous avons
besoin, mais un bout du chemin est déjà p a r ­
c o u r u . S i vous venez nous r e n d r e v i s i t e , vous
trouverez p e u t - ê t r e notre ameublement encore
un peu pauvre, mais, à défaut de c h a i s e s ,
vous pourrez constater que notre moquette est
très confortable...
m
LE PRIX ARNOLD REYMOND
attribué à Francois Jacob
e
Ont collaboré à cette présentation :
L a s p é c i f i c i t é de la l i c e n c e ès s c i e n c e s s o c i a ­
l e s et psychopédagogiques ainsi que son a r t i ­
culation avec l e s enseignements des écoles
préparant aux professions s o c i a l e s fait a c t u e l ­
lement l'objet d'une réflexion au sein de notre
E c o l e . Nous mettons l'action principalement
s u r l'intégration de la théorie et de la p r a t i ­
que dans l e s s c i e n c e s humaines. Nous e s p é ­
les Professeurs J. Bergier
J.-B. Dupont
A. Willener
M
M. Athanasiadès
J. Wiedmer
M. M. Vuille
LE PRIX ARNOLD REYMOND
Fondation Charles-Eugène Guye
m e
Photographies de Pierre Izard
J)ÉCERNÉ par l ' U n i v e r s i t é
de Lausanne, le prix
Arnold Reymond est destiné à
couronner une oeuvre qui
expose l e s p r o g r è s r é c e n t s
des s c i e n c e s e x a c t e s et natu­
r e l l e s c o n s i d é r é e s soit dans
leur ensemble soit dans le
domaine p a r t i c u l i e r d'une de
l e u r s d i s c i p l i n e s . Fondé en
194-2, il honore par son nom
l'oeuvre d'Arnold Reymond,
p r o f e s s e u r de philosophie à
l ' U n i v e r s i t é de Lausanne,
dans l e s domaines de la philo­
sophie et de l ' h i s t o i r e des
sciences.
L e s Lausannois savent bien
ce que le pays et l ' U n i v e r s i t é
doivent à Arnold Reymond
non seulement pour son e n s e i ­
gnement c l a i r et convainquant
des grands problèmes philoso­
phiques, mais tout s p é c i a l e ­
ment pour l'étude approfondie
de c e s domaines nouveaux de
la philosophie moderne, en
p a r t i c u l i e r des P r i n c i p e s de
la logique et la critique con­
temporaine, pour c i t e r le
t i t r e et à la fois l'objet d'un
de s e s principaux ouvrages
( 1 9 3 2 ) t i r é des cours p r o f e s ­
s é s s u r l'invitation de la
S o r b o n n e . Non seulement
Arnold Reymond donnait ainsi
pour de longues années l'une
12
des meilleures introductions —
et discussions — de la logique
moderne, mais i c i même il n'a
c e s s é de plaider, avec s u c c è s ,
la cause de l'enseignement de
la logique, de l ' h i s t o i r e des
s c i e n c e s , de la philosophie au
Gymnase.
Ce qui contribue encore à l a
signification p a r t i c u l i è r e de
ce p r i x , c ' e s t qu'il joint au
nom du philosophe celui d'un
homme de s c i e n c e éminent, et
d'une autre U n i v e r s i t é roman­
d e . C h a r l e s - E u g è n e Guye
était p r o f e s s e u r de physique à
l ' U n i v e r s i t é de Genève; de
s e s r é f l e x i o n s sur l a r e l a t i v i ­
té d'Einstein et la c l a s s i f i c a ­
tion des s c i e n c e s , sur le prin­
cipe de Carnot en biologie,
sur l'évolution physico-chimi­
que et l e s probabilités , il
avait t i r é des mémoires réunis
en 1922 (L'évolution physicochimique), réédités en 1942;
il s a v a i t , à l ' o c c a s i o n , en
entretenir l e s philosophes.
Ces échanges, qu'hommes de
s c i e n c e et philosophes ont
souvent su e n t r e t e n i r , ont
toutefois pour condition l ' i n ­
formation r é c i p r o q u e , la r é ­
ceptivité à cette information,
sa diffusion enfin. La haute
estime en laquelle le physicien
C . - E . Guye tenait son ami
13
Arnold Reymond l'ont donc
porté à c r é e r par un legs ce
prix que l ' U n i v e r s i t é de L a u ­
sanne va d é c e r n e r pour la
quatrième f o i s . Un b i o l o g i s t e ,
P i e r r e Lecomte du Noiiy, un
mathématicien, Hermann Weyl,
un physicien, F r i e d r i c h von
W e i z s ä c k e r , l'ont r e ç u s u c ­
cessivement, à dix ans d'in­
t e r v a l l e , témoignage d'admira­
tion pour l e s oeuvres par l e s ­
quelles chacun d'eux a e x c e l l é
à r e n d r e intelligibles des dé­
veloppements scientifiques
fondamentaux et à d i r i g e r no­
t r e réflexion v e r s l e s condi­
tions g é n é r a l e s de la connais­
sance et v e r s son éthique.
En cette année du centenaire
de l a n a i s s a n c e d'Arnold
Reymond, c ' e s t à un biologiste
éminent, à un c h e r c h e u r dans
une des s c i e n c e s qui ont connu
c e s dix d e r n i è r e s années l e s
développements l e s plus p r o ­
fonds que le prix est d é c e r n é :
le P r o f e s s e u r F r a n ç o i s J a c o b ,
prix Nobel, qui, dans La logi­
que du vivant, a non seulement
t r a c é "une h i s t o i r e de l ' h é r é ­
d i t é " d'une grande c l a r t é mais
a su en f a i r e comprendre avec
impartialité et profondeur l a
portée.
Daniel Christoff
Le professeur François Jacob
CETTE année, le Prix Arnold Reymond sera
remis au Professeur François Jacob lors
d'une cérémonie officielle qui se déroulera à
Lausanne, jeudi 5 décembre.
programme, qui ne reçoit aucune leçon de l'expérience et pour lequel les amendements qu'il
subit ne dépendent d'aucune didactique. Pour
François Jacob, la situation est claire et sans
ambiguité : la logique
du vivant ne se réfère
à aucun logicien.
Comme l'a rappelé plus
haut notre collègue, le
Prof. D. Christoff, le
prix Arnold Reymond
récompense le mémoire
qui résume le plus
clairement et le plus
objectivement les progrès et les tendances
de la philosophie
scientifique au cours
de ces dernières
années. Le choix de la
Commission du prix
Arnold Reymond - présidée par le Prof. D.
Christoff et comprenant
un physicien, le Prof.
G. Wanders, et un biologiste, le soussigné s'est unanimement porté
sur M. François Jacob.
La plupart de ceux qui
décrivent le passé
d'une science interprètent les travaux anciens d'après les conceptions actuelles. Ils
risquent ainsi de chercher souvent des réponses à des problèmes
qu'on se pose aujourd'hui mais que de prétendus précurseurs
n'ont jamais eu l'idée
d'envisager. Pour le
Professeur F. Jacob, au
contraire, l'histoire
de la biologie ne saurait être composée du
seul inventaire des
découvertes et des
acquisitions d'autrefois. Les étapes d'une
telle histoire doivent
être autant de transformations, de paliers,
dans la nature du savoir. Il écrit : "au^ NriB
delà de chaque structure accessible à l'analyse finit par se révéler une structure nouvelle, d'ordre supérieur,
qui intègre la première et lui confère ses propriétés. On n'accède à celle-ci qu'en bouleversant celle-là". Et c'est ainsi qu'à chaque
moment de cette histoire, un "champ du possible" est décelable. Les conceptions en cours,
les sujets susceptibles d'être soumis à l'analyse, les moyens disponibles pour en permettre
l'étude sont autant de paramètres qui caractérisent chaque étape décisive.
Le Professeur Jacob est
en premier lieu un
homme de science; nous
dirons plus loin quelques mots sur ses
recherches. Il est
l'auteur d'un livre
admirable, édité par
Gallimard en 1970, qui
a pour titre : La logie du vivant, une histoire de l'hérédité.
C'est précisément cet ouvrage qu'ont tenu à
honorer la Commission et le Jury du prix
Arnold Reymond.
Se refusant à toute érudition, évitant de
fastueux commentaires techniques et des généralisations superflues, François Jacob nous offre
une véritable "logique de la biologie", une
histoire raisonnée, comprehensive et ordonnatrice de la science de la vie. Cette histoire
s'ouvre sur celle de l'hérédité et montre que,
dans le monde vivant, la reproduction fonctionne comme l'opérateur primordial. Chaque être
représente, en'quelque sorte, l'exécution d'un
Le plan de l'ouvrage est remarquablement cohérent; il donne en cinq chapitres très denses
les grands thèmes de la biologie d'aujourd'hui :
la structure visible, l'organisation, le temps,
u
le gène et la molécule. Ces chapitres sont encadrés par une introduction qui traite du programme et par une conclusion dans laquelle
l'auteur développe une conception tout à fait
originale, celle de l'intégron.
Si l'on examine un organisme des plus primitifs, à la base de l'échelle des vivants, on
constate qu'il est déjà tellement complexe
qu' "il n'aurait vraisemblablement jamais pu se
former, se reproduire, évoluer, si l'ensemble
avait dû s'agencer pièce par pièce, molécule
par molécule, comme une mosaïque. Au lieu de
cela, les organismes s'édifient par une série
d'intégrations". Ainsi un être vivant correspond-il à une architecture "en tiroirs", représentant des niveaux d'organisations hiérarchisées et, en quelque sorte, emboîtés comme ces
petites poupées russes dont la plus grande
contient toutes les autres.
Dans cette logique du vivant, François Jacob
fait bien plus que de décrire les grands chapitres d'une histoire de la biologie. Il donne
une méthode nouvelle d'approche pour l'analyse
des fondements théoriques et historiques des
sciences de la vie. Il ouvre ainsi aux biologistes praticiens, aux historiens des sciences
et aux philosophes des domaines inédits et
passionnants de recherche épistémologique.
CARRIERE
ET
RECHERCHES
François Jacob est né à Nancy en 1920. Après
ses classes au Lycée Carnot, à Paris, il commence des études de médecine avec l'intention
de devenir chirurgien. Mais la guerre va les
interrompre. En juin 1940, il s'engage à Londres dans les Forces françaises libres. Envoyé
en Afrique, il est médecin de bataillon et fait
les campagnes du Fezzan, de Lybie, de Tripolitaine et de Tunisie, où il est blessé. Affecté
à la Deuxième Division blindée, il est grièvement blessé en Normandie en août 1944. Il recevra la Croix de la Libération.
François Jacob va terminer ses études de médecine et soutiendra, en 1947, sa thèse de doctorat en médecine. Mais il se tourne vers la biologie et obtient en 1 9 5 1 une licence ès sciences. En 1954, il présente une thèse de doctorat
ès sciences à la Sorbonne. Le titre de cet
ouvrage, Les bactéries lysogènes et la notion
de provirus montre bien déjà que ses options de
recherche sont prises.
En 1950, François Jacob était entré à l'Institut Pasteur, dans le service du D A. Lwoff. Il
r
y sera successivement chef de laboratoire en
1956 et chef de service en i 9 6 0 . En 1964, une
chaire de génétique cellulaire est créée pour
lui au Collège de France.
Les recherches du Prof. F. Jacob ont été essentiellement consacrées aux mécanismes génétiques
existant chez les bactéries et chez les bactériophages. Elles ont également porté sur les
effets biochimiques des mutations.
François Jacob a d'abord étudié les propriétés
des bactéries lysogènes en mettant en évidence
leur "immunité". En 1954 va commencer une longue et fructueuse collaboration avec Elie
Wollman pour tenter d'établir la nature des
relations entre prophage et matériel génétique
des bactéries. Ces études permettront de préciser le mécanisme de la conjugaison bactérienne
et, par là même, d'analyser l'équipement génétique de la cellule bactérienne. De ces recherches vont émerger des notions nouvelles comme
le processus orienté de transfert génétique du
mâle à la femelle, la circularité du chromosome
bactérien ou le concept d'épisome. Les résultats de cette série de recherches seront publiés dans un ouvrage qui très vite a acquis
une grande notoriété, Sexuality and the genetics of bacteria.
Dès 1958, en collaboration avec Jacques Monod,
François Jacob analyse les mécanismes assurant
les transferts d'information génétique et les
circuits de régulation qui, chez la bactérie,
ajustent l'activité et la biosynthèse des
macromolécules. Là encore, des notions essentielles marqueront ces recherches : le RNA messager, les gènes de régulation, l'opéron, les
propriétés d'allostérie. En 1963, avec Sydney
Brenner, François Jacob propose l'hypothèse du
"replicón" pour rendre compte de certains aspects de la division bactérienne. A partir de
I 9 7 O , le Prof. F. Jacob commence à étudier
diverses cellules de mammifère en culture et
tout particulièrement certains aspects de leurs
propriétés génétiques.
Les honneurs n'ont pas manqué à François Jacob.
Il est membre correspondant de plusieurs académies étrangères et docteur honoris causa d'un
certain nombre d'universités. En 1962, il reçoit le Prix Charles-Léopold Mayer de l'Académie des sciences de Paris. En 1965, il partage
le Prix Nobel de physiologie et de médecine
avec André Lwoff et Jacques Monod.
Paul-Emile Pilet
Une marque d'honneur pour l'Université :
La Fondation
Théodore Lagonico
| E risque que courent
aujourd'hui nos universités surchargées, en Suisse
comme dans les autres pays,
c'est de se replier sur ellesmêmes en fermant leurs portes,
par la force des choses —
c'est-à-dire par manque de
place — aux étudiants étrangers. Et réciproquement, le
même encombrement dans les
universités étrangères rend
leur accès plus difficile à
ceux de nos étudiants qui
souhaitent y parfaire leur
formation par l'expérience
d'autres méthodes d'enseignement ou l'usage de moyens de
travail dont ils ne disposent
pas sur place. La réduction
des crédits de recherche
scientifique, de surcroît,
aura pour effet immédiat de
bloquer à la fois la politique
d'accueil dans nos centres de
recherche et l'envoi de nos
chercheurs dans les centres
étrangers. Ainsi les échanges
interuniversitaires se trouvent-ils paradoxalement pâtir
de circonstances économiques
dans le temps même où les
barrières nationales traditionnelles, sur le plan politique, cèdent ou tout au moins
s'entrouvrent sous la pression
de facteurs, économques eux
aussi, que seule une concertation internationale peut
espérer maîtriser.
C'est dire que l'Université
doit saluer avec beaucoup de
gratitude la création en sa
faveur d'un fonds au capital
d'un million de francs destiné
précisément à favoriser de
tels échahges. En effet,
instituée tout récemment, la
Fondation Théodore Lagonico
affirme par ses statuts la
volonté de son fondateur
d'aider dans leurs études des
étudiants grecs et des étudiants suisses dont la caractéristique commune sera leur
immatriculation dans l'Université de Lausanne. Les statuts
stipulent que la préférence
sera donnée, en ce qui concerne les étudiants grecs, à ceux
qui "se proposent de poursuivre des études de troisième
cycle", et en ce qui concerne
les étudiants suisses, à ceux
qui étudient "à titre principal la littérature et la
philosophie grecques". Il est
16
sein de la Faculté des
lettres, d'autre part avec un
développement du grec proprement dit en direction de
l'histoire et de l'archéologie
grecques, élargissement nécessaire à l'étude de la civilisation hellénique. La Faculté
des lettres y reçoit un
puissant encouragement et l'on
peut prévoir aussi, bien que
les statuts de la Fondation ne
stipulent rien à cet égard,
que les relations déjà
existantes et même relativement étroites entre les universités grecques et celle de
Lausanne dans les domaines
liés à l'enseignement du grec
classique, littérature, philosophie, histoire et archéologie, sont appelées à un avenir
extrêmement prometteur grâce
au courant d'échange ainsi
suscité.
Enfin, et d'une manière plus
générale, il convient de
relever qu'il est très rare
que des bourses d'étude soient
offertes à l'Université de
Lausanne par une fondation
privée. Et qu'il s'agisse de
cinq bourses par an, chiffre
considérable, mérite d'être
souligné. Le canton de Vaud et
son Université, enseignants
comme étudiants, doivent une
grande reconnaissance au
donateur pour un geste à la
fois si rare et si généreux.
F. L.
en outre prévu que les cinq
bourses de 10 0 0 0 . — francs
allouées chaque année seront
réparties en principe à raison
de trois pour des étudiants
grecs, dont un originaire de
l'île de Chios, et deux pour
des étudiants suisses.
Selon ces dispositions,
l'Université de Lausanne apparaît comme une institution
reconnue apte à délivrer une
formation au-delà de la
licence. Le nombre des étudiants de nationalité grecque
a toujours été important à
Lausanne, en particulier à
l'Ecole d'Ingénieurs, devenue
depuis Ecole polytechnique.
Plusieurs d'entre eux y ont
reçu leur doctorat. Mais que
la compétence de l'Université
à former des docteurs soit
attestée d'une manière aussi
spécifique est un fait nouveau : les devoirs qu'implique
cette distinction pour elle ne
sont pas inférieurs à l'honneur qu'elle reçoit. On se
félicitera, du même coup, que
le secteur d'étude choisi,
celui du troisième cycle, ne
risque en aucun cas l'encombrement.
Ce qui est nouveau aussi,
c'est l'avantage donné à la
discipline du grec ancien,
illustrée à Lausanne par une
longue et belle tradition. Ce
geste en sa faveur survient à
point nommé puisqu'il se
trouve coïncider d'une part
avec la création d'une section
des sciences de l'antiquité au
le
Delphes
17
Le professeur Nicolas Oulianoff
a reçu le Prix Gaudry
' y O I C l quelques mois, dans sa s é a n c e du 10 juin 1974, la
S o c i é t é Géologique de F r a n c e remettait solennellement le
P r i x G a u d r y , qui est la plus haute distinction qu'elle p u i s ­
s e o c t r o y e r , a u ' P r o f . Nicolas Oulianoff, pour l'ensemble de
s e s travaux sur la géologie du M a s s i f du M o n t - B l a n c . Ce p r i x
est une juste récompense pour l'homme qui a c o n s a c r é une si
grande partie de s a vie à l'oeuvre monumentale que constitue la
cartographie du Mont-Blanc et un hommage rendu au savant qui
a contribué à la formation des géologues par son enseignement
pratique de pétrographie et de géophysique. Nous espérons
i n t é r e s s e r nos l e c t e u r s en publiant i c i de l a r g e s e x t r a i t s du
rapport p r é s e n t é par M. Eugène Raguin s u r l'attribution du
P r i x G a u d r y à M . Nicolas Oulianoff (Bulletin de la S o c i é ­
té Géologique de F r a n c e , suppl. au tome XVI, № 3 , 1 9 7 4 ) .
Né le 1 5 janvier 1881 à Saint-Pétersbourg,
Oulianoff fait ses études d'ingénieur dans son
pays, les complète par deux années à l'Ecole
polytechnique de Munich. Le voici en 1903 ingénieur technicien à la Société de navigation sur
la Volga. En 1909, au cours d'un voyage en
France, il découvre la vallée de Chamonix.
Frappé par la splendeur des Alpes, il décide de
tout quitter pour entreprendre des études géologiques. C'est au jeune et enthousiaste professeur de Lausanne, Maurice Lugeon, déjà illustre dans le domaine de la géologie structurale, qu'il s'adresse; car c'est précisément ce
domaine qui attire notre lauréat. Sous la direction de ce maître, Oulianoff commence en
1913 les travaux de terrain et de laboratoire
qui aboutiront à la thèse sur le Massif de
l'Arpille, prolongement suisse des Aiguilles
Rouges. Les débuts sont pénibles du fait de
l'éclatement de la Première Guerre mondiale,
puis de la Révolution russe. La pénurie de ses
ressources obligeait Oulianoff à donner des
leçons particulières et à recourir à des emprunts.
très lourde charge. A l'issue de ce terme, il
envisage de s'orienter vers la géologie du pétrole, pour vivre. Mais alors surgit le second
tournant décisif de son destin. Sur l'insistance amicale de Lugeon, Haug et Corbin, il accepte d'entreprendre le lever des Massifs du MontBlanc et Aiguilles Rouges sur les cartes de la
Société de Stéréotopographie, heureux de poursuivre les passionnantes investigations amorcées dans la vallée de Chamonix et dans l'Arpille, et de demeurer dans l'atmosphère scientifique du laboratoire de Lausanne. En même
temps nommé assistant et privat-docent, il dirige les travaux pratiques des étudiants et
donne de nombreux "cours libres", non rétribués, sur le métamorphisme, les gîtes métallifères, la géophysique appliquée. Ce sera seulement en 1938 que sera fondée la première chaire
de géophysique appliquée en Suisse, dont il sera professeur extraordinaire. En 1945 enfin, il
sera professeur titulaire à l'Université de
Lausanne, en géophysique générale et appliquée,
et pour commencer doyen de la Faculté des
sciences pendant deux ans. Dès 1929, il avait
acquis la nationalité suisse.
En dépit des difficultés et malgré des interruptions, la thèse sur l'Arpille est soutenue
en 1920. Lugeon obtient la nomination d'Oulianoff comme "professeur remplaçant" en minéralogie et en pétrographie. C'est d'emblée une
néficia de la collaboration de son élève, le
Prof. Bellière, pour deux d'entre elles.
Une cartographie aussi précise ne pouvait manquer d'apporter des résultats de premier ordre.
Sans parler du déchiffrement et de la mise en
place des catégories fort diverses de roches
métamorphiques et éruptives, cette cartographie
a révélé la superposition de quatre orogénies
au moins. La plus récente, l'alpine, avait seule jusqu'alors attiré l'attention. Oulianoff
met en évidence une orogénie hercynienne tardive post—stéphanienne; une orogénie anté—west—
phalienne extraordinairement complexe et probablement polyphasée; et auparavant une orogénie
d'âge inconnu dont témoignent des intercalations de paradérivés détriques dans les gneiss.
Il utilisait dès 1924, en précurseur, le terme
de "tectoniques superposées" : on sait l'importance que cette notion a prise dans la pensée
tectonique moderne grâce aux travaux deWegmann.
(...)
Les glaciers du Massif du Mont-Blanc, qui sont
parmi les plus beaux du monde, ont captivé
l'attention d'Oulianoff, qui les a sans doute
regardés en artiste, mais surtout en tectoni—
cien. Il s'est aperçu que leur agencement exprime l'influence des tectoniques superposées.
Leurs lits sont conditionnés par la dureté des
roches, et le progrès de l'érosion fait intervenir la structure de l'étage tectonique profond. Des modifications et des captures s'ensuivent. Il en a démontré plusieurs exemples
remarquables.
Photo Pierre Izard
le fameux et arbitraire "figuré des escarpements". Des courbes de niveau continues, à
équidistance de 20 m, sont filées le long des
plus redoutables parois rocheuses comme celle
de l'Aiguille verte et beaucoup d'autres. Impossible au géologue de tricher. Il lui faut
constater directement ou par continuité, la localisation précise des types de roche, des
contacts, des filons et des failles. Il n'y a
qu'à regarder les cartes d'Oulianoff, en s'efforçant de restituer par la pensée les paysages
géologiques qu'il contemplait de ses périlleux
observatoires. On admirera tel petit rocher
perdu dans un recoin éloigné du glacier, où
sont reportés des filons ou des particularités
de faciès qu'il a bien fallu aller voir de près.
La géophysique a tenu une place importante dans
l'activité d Oulianoff : géophysique appliquée
dans les études de génie civil; sismologie à
propos du tremblement de terre de Sierre en
1946, documentant sur la structure profonde de
la région; et enfin sédimentologie océanique
influencée par les vibrations terrestres.
Constamment il a collaboré très largement avec
Lugeon pour les célèbres réalisations hydroélectriques qui furent une des gloires du laboratoire de ce maître. Dans ce domaine une traditionnelle discrétion dissimule beaucoup trop
les responsabilités et les mérites des géologues consultants. Je crois que ce fut particulièrement le cas pour notre lauréat. Il suffit
d'évoquer ses 50 rapports, naturellement inédits, pour le barrage de la Grande -Dixence.
Cependant quelques titres de sa bibliographie
lèvent un peu le voile. Ses notes sur les
grands tunnels alpins, et aussi sur la menace
des "glaciers dangereux", devraient être relues
et méditées.
1
La publication des 14 cartes, éditées par la
Société française de Stéréotopographie, s'est
échelonnée de 1927 à 1 9 7 1 . Les 9 premières, antérieures à la Seconde Guerre mondiale, sont
signées Corbin et Oulianoff. Paul Corbin mourut
en 1948. Il ne put voir l'achèvement de l'oeuvre monumentale dont il avait été l'initiateur
ardent et dont il suivait les progrès avec un
intérêt passionné (...). Oulianoff mena à bien
la réalisation des 5 feuilles restantes; il bé-
Mais revenons à ce qui fut la grande oeuvre de
sa carrière, la cartographie du Mont-Blanc. La
stéréotopographie est d'une impitoyable précision, au point de faire disparaître des cartes
18
19
La chaire d'honneur de l'Université
confiée au professeur Gerhard Giebisch
1 9 6 5 . H fut appelé en 1968 à prendre la d i r e c ­
tion du Département de physiologie de la Médi­
cal School de l ' U n i v e r s i t é de Y a l e .
Considéré comme l'un des premiers néphrolo­
gues du monde, le P r o f . Gerhard Giebisch
jouit d'une réputation e x t r a o r d i n a i r e tant en
Europe qu'aux E t a t s - U n i s . Homme d'une g r a n ­
de culture scientifique et t r è s ouvert aux p r o ­
blèmes des s c i e n c e s humaines, il est à la fois
un excellent enseignant et un grand c h e r c h e u r .
11 a été président de la S o c i é t é américaine de
néphrologie, il fonctionne dans d'importantes
commissions d'experts et a r e ç u l e s d i s t i n c ­
tions l e s plus f l a t t e u s e s .
Depuis l e 1
septembre 1974-, il est l'hôte de
la F a c u l t é de médecine de l ' U n i v e r s i t é de
Lausanne, dont il occupera la c h a i r e d'hon­
neur jusqu'au 30 juin 1 9 7 5 , en qualité de p r o ­
f e s s e u r e x t r a o r d i n a i r e . Il poursuivra notam­
ment des travaux de r e c h e r c h e dans l e s l a b o ­
r a t o i r e s de l'Institut de pharmacologie, avec
s e s collègues lausannois, s u r l e s t r a n s p o r t s
ioniques à t r a v e r s l'épithélium du tube r é n a l ,
et enseigne à l'Institut de pharmacologie et à
celui de physiologie. Durant le s e m e s t r e
d'hiver 1 9 7 4 - 7 5 , il donne un cours s u r la
physiologie et la pharmacologie r é n a l e s d e s t i ­
né aux étudiants en médecine, aux étudiants en
biologie de la F a c u l t é des s c i e n c e s que c e s
problèmes i n t é r e s s e n t , ainsi qu'aux a s s i s t a n t s
et c o l l a b o r a t e u r s des instituts et c l i n i q u e s .
e
p O U R occuper la c h a i r e d'honneur au cours
de l'année académique 1974 - 75, l ' U n i v e r s i ­
té de Lausanne a fait appel à un savant a m é r i ­
cain de grand renom, le P r o f . Gerhard G i e ­
b i s c h , p r o f e s s e u r de physiologie à l ' U n i v e r s i ­
té de Y a l e , à New Haven (Connecticut).
L e P r o f . Gerhard Giebisch, qui a obtenu l a
nationalité américaine en 1962, est né en 1927
à Vienne ( A u t r i c h e ) . C'est dans l ' U n i v e r s i t é
de cette ville qu'il a fait s e s études de méde­
cine et qu'il a obtenu le doctorat, en 1 9 5 1 . Il
a poursuivi s a c a r r i è r e aux E t a t s - U n i s dès le
début de 1952, comme interne à l'Hôpital de
Milwaukee ( W i s c o n s i n ) puis, dès l'année
suivante, à l a Cornell University, à Ithaca
(New Y o r k ) . Rentré en Autriche en 1956, il
enseigna pendant un an à l ' U n i v e r s i t é de Vien­
ne en qualité de p r o f e s s e u r a s s i s t a n t de p h a r ­
macologie. De retour à la Cornell U n i v e r s i t y ,
Medical College, en 1957, il y enseigna la
physiologie jusqu'en 1968, comme p r o f e s s e u r
a s s i s t a n t tout d'abord, puis en qualité de p r o ­
f e s s e u r a s s o c i é et de p r o f e s s e u r titulaire dès
r
Le nouveau Centre sportif
de Dorigny
LES
ETUDIANTS
ET
LE
LAUSANNOIS
chargé de donner des cours de culture physique
aux étudiants. Le résultat fut concluant. En
1947, un enseignement à plein temps lui fut
confié, de même que la mise en place d'une organisation sportive officielle à l'Université.
A cette époque, les disciplines suivantes figuraient au programme sportif : culture physique,
cross—country, basketball, football, natation,
hockey sur glace, ski, escrime, boxe et jiu—
jitsu. Les entraînements se donnaient au Collège classique cantonal de Béthusy. Quelques
championnats permettaient aux étudiants qui le
désiraient de pratiquer la compétition. Parallèlement, les premières semaines universitaires
de ski s'organisaient à Champéry, Villars et
Zermatt. De nombreuses volées d'étudiants, et
des professeurs, ont ainsi découvert les joies
du ski et ont appris à partager cette camaraderie si particulière à la montagne.
SPORT
glEN avant que le sport ne soit officiellement introduit à l'Université de Lausanne,
les étudiants avaient déjà jeté les fondements
d'une organisation sportive en créant des équipes universitaires qui participaient aux tournois de football et de hockey sur glace, répondant ainsi aux besoins d'exercices physiques
que créait, pour un certain nombre d'entre eux,
un mode de vie sédentaire souvent lié aux travaux intellectuels et aux études. Mais ces
clubs dépassaient rarement le cadre du groupe
d'amis ou de la société d'étudiants.
Durant la Seconde Guerre mondiale, les universités suisses furent encouragées à introduire
ou à développer des cours d'éducation physique,
qui furent complétés par la suite par la pratique de sports d'équipe. C'est ainsi que l'Université de Lausanne fit appel, en 1942, à un
maître de sport, M. Constant Bûcher, qui fut
Mais si dévoués que fussent les animateurs, il
manquait au sport universitaire les moyens
indispensables à son développement, qui devait
nécessairement aller de pair avec celui de
l'Université. A partir de i960, et pour répon-
L a F a c u l t é de médecine, de même que c e l l e
des s c i e n c e s , bénéficient largement de la p r é ­
s e n c e à Lausanne du P r o f . Gerhard G i e b i s c h ,
qui entretient depuis longtemps déjà de f r u c ­
tueuses r e l a t i o n s avec l e s c h e r c h e u r s l a u s a n ­
n o i s , en leur procurant des places de t r a v a i l
dans s e s l a b o r a t o i r e s et en aidant nos groupes
de r e c h e r c h e de s e s précieux c o n s e i l s . S a
venue dans notre v i l l e , outre qu'elle concourt
efficacement à la formation post-graduée de
nos jeunes médecins, contribue à la réputa­
tion dont jouit notre Aima M a t e r .
20
21
dès 1969. Parallèlement, l'étude d'un complexe
sportif plus vaste fut entreprise, cet ensemble
devant s'intégrer à la nouvelle Université de
Lausanne, à Dorigny, et à la future Ecole polytechnique fédérale, sa voisine. Les étudiants
sportifs et leurs dirigeants voyaient enfin
leurs espoirs se concrétiser, et les premiers
terrains étaient disponibles en été 1973- Une
salle omnisports devait compléter cette première étape, qui avait été victime des mesures de
restriction imposées à la construction et plus
particulièrement à celle des installations
sportives, qui ne permettaient pas l'établissement des emplacements nécessaires à l'athlétisme et au tennis. La réalisation du centre sportif va permettre l'élaboration d'un programme
plus conforme aux besoins des étudiants, à
leurs voeux et aux impératifs du sport de masse
qui reste l'objectif principal.
dre aux désirs des étudiants, les disciplines
suivantes étaient introduites : alpinisme, aviron, danses modernes, équitation, judo, karaté,
rugby, ski nautique, voile et yoga.
Les étudiants étaient de plus en plus nombreux
à pratiquer les activités sportives et le problème des installations devenait plus difficile
à résoudre : d'une part, les quelques halles de
gymnastique appartenant à l'Etat de Vaud
étaient réservées aux deux grandes sociétés
lausannoises de gymnastique, et d'autre part,
une priorité existait pour les sociétés sportives locales, si bien que les étudiants, dont le
nombre augmentait fortement, voyaient diminuer
les possibilités que leur offraient les sports
universitaires.
C'est aux environs de 1964 que l'idée d'un
centre sportif à l'intention des étudiants de
1'Université et de 1'EPUL commença à se faire
jour. Il s'agissait tout d'abord de recenser
les besoins. En 1966, une enquête fut faite et
les quelque 2 500 questionnaires retournés
permirent de fonder l'étude d'un futur centre
sportif universitaire sur des bases valables.
Les sports d'équipe venaient largement en tête,
mais certaines disciplines individuelles comme
le ski et la natation semblaient également
avoir la cote auprès des étudiants. Dans une
étape d'urgence, les premiers travaux visant à
créer des terrains de football furent entrepris
Le sport universitaire, jeune et dynamique,
fête cependant un demi-siècle d'activité en
inaugurant le merveilleux complexe de Dorigny :
le premier match entre les étudiants de Lausanne et de Genève n'a—t-il pas eu lieu, en effet,
il y a une cinquantaine d'années? De nombreuses volées d'étudiants ont fait honneur aux
couleurs lausannoises sur le plan du sport universitaire suisse. Parmi eux, citons les footballeurs, les basketteurs, les volleyeurs, mais
aussi les escrimeurs et, plus près de nous, les
skieurs.
22
On ne saurait terminer ce bref aperçu du développement du sport à l'Université de Lausanne
sans adresser une pensée de reconnaissance au
Prof. Charles E. Rathgeb qui présida durant
trente ans la Commission des sports universitaires et dont le dévouement a été précieux et
inlassable.
le territoire de la commune de Saint—Sulpice
et à proximité immédiate du nouveau complexe
universitaire, des terrains d'une surface de
quelque 160 000
faisant partie d'un plan
d'extension cantonal.
Après une analyse des besoins en installations
sportives, le Bureau de construction de l'Université de Dorigny (BUD) et le Bureau de planification de l'EPFL (BP) ont défini des programmes de réalisation à court, moyen et long termes, fondé sur l'emploi d'un horaire optimum.
Il s'agit en effet de parvenir à une utilisation maximale des locaux et des terrains, pour
des raisons économiques.
Au nom des étudiants sportifs et des maîtres de
sport, auxquels il incombe aujourd'hui de maintenir le même esprit que celui qui anima leurs
prédécesseurs, nous adressons aux autorités
civiles et universitaires nos sentiments de
profonde gratitude pour la magnifique réalisation du Centre sportif de Dorigny.
Le terrain est divisé par des allées d'arbres
descendant vers le lac, en quatre espaces parallèles. Cette division a été conservée dans
l'établissement du plan des zones et du plan
directeur, pour définir quatre types dtoccupation, qui sont, d'est en ouest :
Claude Bûcher
LE
CENTRE
SPORTIF
- les terrains de football et les courts de
tennis sur la surface la plus plane,
|^E développement progressif à l'ouest de la
ville des deux Hautes Ecoles lausannoises,
et le manque total d'installations sportives
leur appartenant en propre permettaient de rechercher dans la même région le terrain nécessaire à la réalisation du Centre sportif universitaire. A cet effet, la Confédération et
l'Etat de Vaud ont acquis au bord du lac, sur
- les installations d'athlétisme et notamment
le stade dans l'espace le plus vaste,
- les bâtiments dans la zone arborisée qui se
prête bien à leur intégration,
- une zone de réserve constructible, dominée
par le bâtiment du Service des sports.
23
Au sud, un comblement de la rive, à réaliser
ultérieurement avec des terres provenant des
chantiers des deux Hautes Ecoles, devrait
permettre la création d'une plage et d'un port
de petite batellerie.
concours - soumission restreint pour l'adjudication des travaux.
Sur la base d'un programme et d'un cahier des
charges très précis, établi par le Bureau des
constructions fédérales pour l'Ecole polytechnique de Lausanne, les cinq groupes d'architectes, ingénieurs et entreprises invités à participer au concours, devaient en l'espace de
quatre mois élaborer et remettre un projet
accompagné d'une offre forfaitaire et d'un
rapport descriptif détaillé. L'offre forfaitaire, à prix fixe, ne permet pas à l'entreprise
de prétendre à des plus-values dues à la hausse
des salaires et des matériaux. Le délai de
construction convenu dans le contrat est également fixe.
Pour son alimentation en énergie et fluides, le
Centre sportif est relié à l'Université par une
galerie technique, en grande partie réalisée et
utilisée par les étudiants traversant la route
cantonale. Afin de conserver au terrain son
caractère de parc, toute circulation automobile
a été exclue; les places de stationnement aux
abords de l'Université ne sont guère éloignées.
Le programme à court terme prévoit la construction d'une salle omnisports, de trois terrains
de football et d'un terrain multijeux — déjà
réalisés — puis d'un stade d'athlétisme et de
quatre courts de tennis.
En octobre 1972, avec l'accord des maîtres de
l'ouvrage, la commission d'experts invitait le
concurrent qui avait présenté l'offre la plus
avantageuse à apporter quelques modifications à
son projet. Le 20 décembre de la même année, la
construction de la salle omnisports était
adjugée et, la commune de Saint—Sulpice ayant
accordé deux mois plus tard le permis de construire, les travaux pouvaient être entrepris au
début de mars 1973i pour s'achever en mai 1974-
Le Service des sports et le personnel d'exploitation occupent des immeubles existants.
LA
SALLE
OMNISPORTS
"PN automne 1971] les deux maîtres de l'ouvrage, ayant obtenu les moyens financiers et
les autorisations nécessaires à la réalisation
de la salle omnisports, chargent la Direction
des constructions fédérales d'organiser un
prendre place quelque 250 personnes. Les façades, toutes vitrées, offrent la transparence
nécessaire à l'intégration au site de ce grand
volume, ainsi qu'un contact visuel permanent de
l'intérieur et de l'extérieur.
La partie enterrée du bâtiment qui groupe tous
les locaux secondaires et les salles de théorie
et de combat est construite, dans sa majeure
partie, en éléments de béton préfabriqués sur
le chantier. Les murs intérieurs sont en briques de terre cuite. La structure porteuse de
la salle de sport proprement dite est métallique. Quatre piliers supportent les deux poutres
principales de 33 m. de portée où sont logées
les cloisons mobiles.
Trois chemins pour piétons se rejoignent près
de la salle; l'un assure la liaison avec la
Cité universitaire par la galerie technique
sous la route cantonale, l'autre par l'allée de
Dorigny, tandis que le troisième conduit au
petit port des Pierrettes.
Des ouvertures sur les façades nord et sud,
combinées avec la ventilation mécanique et commandées électromécaniquement, et des panneaux
chauffants au plafond, assurent les conditions
climatiques voulues. L'éclairage est réalisé
par des lampes à vapeur de mercure offrant un
niveau d'éclairement de 400 lux.
La salle, de 45 x 27 m., peut être divisée,
suivant le programme d'utilisation, en trois
espaces égaux au moyen de cloisons mobiles.
Chaque salle ainsi créée dispose de son propre
local d'engins et de tous les équipements
nécessaires à un fonctionnement indépendant.
Les matériaux de gros-oeuvre sont laissés à
l'état brut. L'accent a été mis sur une exécution simple, fonctionnelle, permettant un entretien facile.
Les installations sont prévues pour la pratique
de la gymnastique, de l'athlétisme, du basketball, du handball et du volleyball. Un des locaux d'engins sera affecté, au début, à la musculation. Une salle de combat et une salle de
théorie complètent cet aménagement.
Photos GERMOND, Lausanne
Pour limiter le volume apparent du bâtiment,
tous les locaux secondaires sont enterrés et
couverts par une terrasse de gazon en prolongation du terrain naturel. Cette terrasse permet
l'accès de plain-pied à la tribune, où peuvent
24
25
Nouveaux doyens pour
la période académique
1974-1976
Prof.
Claude
BRIDEL
Doyen de la Faculté de théologie
Prof.
Jean-Luc
Doyen de la Faculté des l e t t r e s
Né en 1922 à Neuchâtel, le Prof. Jean-Luc Seylaz a fait ses études à la Faculté des lettres de notre Université. Il a obtenu la
licence ès lettres en 1944 et le doctorat ès lettres, mention
"très honorable", en 1958. Il a enseigné successivement, dès
1945> à la section française de l'Université américaine de Beyrouth, à l'Ecole supérieure de commerce de notre ville, à l'Université de Damas, puis, dès i 9 6 0 , au Gymnase de la Cité, à Lausanne. Il a été nommé professeur extraordinaire à la Faculté des
lettres de notre Université en 1968, après y avoir déjà enseigné
pendant trois années en qualité de chargé de cours.
Né à Lausanne en 1922, le Prof. Claude Bridel a occupé divers
postes pastoraux en France et en Suisse avant d être nommé professeur extraordinaire de théologie pratique, en 1962, à la Faculté de théologie de l'Eglise libre vaudoise, où il avait fait
ses études et obtenu sa licence. Après la fusion des deux Eglises protestantes de notre canton, il a été transféré, également
en qualité de professeur extraordinaire, à la Faculté de théologie de l'Université ( 1 9 6 6 ) . Docteur en théologie en 1 9 7 0 , il a
été promu professeur ordinaire l'année suivante. Le Prof. Claude
Bridel a été vice-président du Sénat de I968 à 1970; il préside
la Commission des affaires étudiantes dès 1970 et, durant la
période académique 1974 - 7 6 , la Commission universitaire.
1
Prof.
Jean
Photo H. Grindat
Prof.
Roland
Prof.
André
DELESSERT
Doyen de la Faculté des s c i e n c e s
Né à Lausanne en 1923, le Prof. André Delessert a fait ses études à la Faculté des sciences de l'Université de Lausanne puis —
après avoir obtenu la licence ès sciences — à la Sorbonne, au
Collège de France et à l'Ecole normale supérieure, à Paris. Maître de mathématiques au Collège scientifique dès 1948 et au Gymnase de la Cité dès 1956, il a obtenu le doctorat ès sciences en
1962. Deux ans plus tard, il est nommé professeur extraordinaire
à la Faculté des sciences; il y donne des cours de mathématiques
générales et de géométrie. Il a été promu professeur ordinaire
RUFF1EUX
P r é s i d e n t de l ' E c o l e des S S P
en
I97O.
Né à Bulle en 1921, le Prof. Roland Ruffieux a fait des études de
lettres à l'Université de Fribourg, qui lui a décerné le doctorat
en histoire, summa cum laude, en 1953- Il étudié ensuite à la
Sorbonne, à l'Ecole pratique des hautes études et à l'Institut
d'études politiques, où il a obtenu la licence ès sciences politiques en 1954. Après un stage au Cycle supérieur d'études politiques, à Paris, il a enseigné à l'Université de Fribourg dès
1958, et a été nommé professeur ordinaire en 1966. Parallèlement
à cet enseignement, il a assumé les fonctions de directeur de la
Bibliothèque nationale, à Berne, de 1962 à 19Ô5i jusqu'à sa nomination en qualité de professeur extraordinaire de science politique à l'Ecole des sciences sociales et politiques de notre Université et de directeur de l'Institut de science politique. Il a
été nommé professeur ordinaire en 1972.
a
26
CANDARDJIS
D'origine grecque, mais né à Genève en 1923, le Prof. Georges
Candardjis a étudié à Genève et à Zurich et a reçu le diplôme
fédéral de médecin en 1948. Il a accompli différents stages à
Genève et à Lausanne et a reçu le Prix Edouard de Cérenville,
avec le titre de lauréat de l'Université de Lausanne. Il a été
nommé chef du Service universitaire de radiologie et professeur
extraordinaire de radiologie en 1957; professeur ordinaire en
1963. Il a été notamment membre du Comité directeur du CHUV de
1966 à 1972, président de la Commission de prospective de la Faculté de médecine de 1970 à 1972, vice-doyen de la Faculté de
I972 à 1974; il a présidé la Société suisse de gastro-entérologie en 196l - 6 2 et la Ligue suisse contre le cancer de 1967 à
1 9 7 0 , etc.
Doyen de l a Faculté de droit
Prof.
Georges
Doyen de la Faculté de médecine
GAUTHIER
Né à Lausanne en 1931» le Prof. Jean Gauthier a obtenu le doctorat en droit de notre Université en 1955- Après avoir reçu, deux
ans plus tard, le brevet d'avocat, il est entré au Tribunal cantonal vaudois en qualité de greffier substitut puis de greffier,
et en 1962 au Tribunal fédéral, où il a été successivement secrétaire et greffier. Chargé de cours à la Faculté de droit dès
1967, il a été promu professeur extraordinaire en 1970 ; ses enseignements comprennent la poursuite pour dettes et faillite, la
procédure pénale et le droit pénal. Il a été rédacteur du "Journal des tribunaux", pour la partie du droit fédéral, de 1962 à la
fin de l'année dernière.
SEYLAZ
27
DIES ACADEMICUS 1 9 7 4 :
Les docteurs honoris causa
Département de biophysique de
la Johns Hopkins University, à
Baltimore (Maryland). C'est là
qu'il enseigne, depuis 1949,
en qualité de professeur de
biophysique. Tout au long de
sa carrière, il a contribué à
former plusieurs physiologistes suisses, attirés à Philadelphie et à Baltimore par la
réputation internationale dont
jouit ce savant.
C E T T E année, l o r s du D1ES ACADEMICUS qui se d é r o u l e r a
jeudi 21 novembre en l'aula du P a l a i s de Rumine, l ' U n i v e r s i t é
de Lausanne c o n f é r e r a le t i t r e de D o c t e u r h o n o r i s
causa
à t r o i s éminents savants é t r a n g e r s . Nous sommes heureux de l e s
p r é s e n t e r brièvement à nos l e c t e u r s .
P r o f . Jan Alberto SOGG1N
chaire d'Ancien Testament à la
Faculted evangelica de teologia
de Buenos-Aires jusqu'en 1961.
Il passe ensuite une année à
l'Université hébraïque de Jérusalem et participe, durant
l'été 1962, à une expédition
archéologique dans la région
de Naplouse.
Il regagne Rome en automne
1962, appelé à occuper la
chaire d'Ancien Testament à la
Faculté de l'Eglise vaudoise.
Il est nommé professeur ordinaire en 1966.
Le Prof. Jan Alberto Soggin
est né en 1926 à Lucques. Il a
entrepris en 1947 des études
universitaires, à la fois à la
Faculté de droit de l'Université de Rome, qui lui a décerné le doctorat en droit en
1951> et à la Faculté de théologie de l'Eglise vaudoise, à
Rome, où il a reçu la licence
en théologie en 1953, après
avoir suivi pendant deux ans
les cours de la Faculté de
théologie de Bâle afin de compléter sa formation. Nommé
pasteur en 1954, il occupe la
L'année suivante, il soutient
à l'Université de Bâle une
thèse intitulée : Das Königtum
in Israël; Ursprünge, Spannungen, Entwicklung, qui lui vaut
le grade de docteur en théologie. Entre temps, diverses
universités l'ont invité à
donner des cours et conférences, ainsi que des séminaires.
C'est ainsi qu'il se rend à
Hambourg, Kiel, Bâle et Chicago. Durant le semestre d'été
1966, il est professeur invité
au Princeton thelogical Seminary. En 1968, il organise un
Congrès international pour
l'étude de l'Ancien Testament,
à Rome.
Prolongeant les contacts établis en Israel avec l'Institut
28
pour les études orientales de
l'Université de Rome, il passe
l'examen d'habilitation avec
succès et obtient de l'Université de Rome la "libera docenza" en 1968. Dès I97O, le
Pontificium Institutum Biblicum le charge d'un cours semestriel. Cette collaboration
s'est dès lors renouvelée chaque année, permettant au Prof.
Soggin d'établir des liens entre la Faculté de l'Eglise
vaudoise, le monde universitaire italien et les institutions académiques de l'Eglise
catholique romaine.
Prof.
Martin G .
LARRABEE
C'est à Boston, en 1910, qu'est
né le Prof. Martin G. Larrabee.
Il a obtenu la licence de physique au Harvard College et le
doctorat en biophysique à
l'Université de Pennsylvanie,
en 1937' Il travaillé dans
cette université comme assistant de recherche, avant de
devenir professeur assistant
de physiologie au Cornell Medical College. Il est ensuite
professeur assistant puis professeur associé à l'Université
de Pennsylvanie (Johns on Foundation) , avant d'entrer au
Son activité scientifique, en
effet, a été extrêmement fructueuse. Outre ses apports dans
divers domaines de la physiologie appliquée, il a été le
premier à étudier les corélations entre l'activité électrique du tissu nerveux et son
métabolisme. Actuellement, ses
recherches se poursuivent dans
le domaine du rôle des facteurs de croissance (nerve
growth factors) sur le développement du système nerveux
des vertébrés; ces facteurs
entrent certainement en jeu
dans le fonctionnement de la
mémoire, et Martin G. Larrabee
a été un des premiers à montrer des modifications biochimiques des membranes excitables lors de leur activation.
a
Le Prof. Martin G. Larrabee
est membre de la National Academy of Science, de 1'American
Physiological Society et de
1'American Neurochirurgical
Society, de la Biophysical Society, de l'International Neurochirurgical Society, de la
Society for Neurosciences,
ainsi que de The Physiological
Society of England.
Prof.
Philip SANDBLOM
rédaction des "Acta Chirurgica
Scandinavica" et a fonctionné
comme expert pour les examens
d'habilitation des professeurs
et chirurgiens de Suède, du
Danemark et de la Finlande.
Le Prof. Philip Sandblom est
né en 1903 à Chicago. Il a
fait ses études de médecine à
l'Université de Stockholm
(Karolinska medico-chirurgiska
Institutet). Médecin diplômé
en 1930, il a obtenu le doctorat en médecine en 1944, après
avoir complété sa formation de
chirurgien par de nombreux
stages accomplis en Suède, aux
Etats-Unis, en Angleterre, en
Allemagne et à Paris.
Spécialiste de la chirurgie
abdominale et des voies biliaires, il commence en 1944,
au Karolinska Institutet de
Stockholm, une brillante carrière d'enseignant, tout en
devenant médecin en chef,
1'année suivante du Département de chirurgie de l'hôpital
pédiatrique de Lovisas, dans
la banlieue de la capitale. Il
occupe ce poste jusqu'en 1950,
année de sa nomination, en
qualité de professeur de chirurgie de l'Université de Lund
et de directeur de la Clinique
chirurgicale de l'Hôpital de
Lund. Prorecteur de l'Université de Lund en 1956, il devient recteur en 1957 et occupe cette charge jusqu'en 1968.
Aussi cette université lui
décerne—t—elle le doctorat
honoris causa en philosophie
en 1968. Il avait déjà reçu
précédemment le doctorat honoris causa à Glasgow en 19Ô5 et
à la Sorbonne en 1967.
S'intéressant aux affaires
sociales, il a joué un grand
rôle dans le développement des
assurances en Suède. C'est
ainsi qu'il a fonctionné comme
médecin-adjoint de l'Etablissement national des assurances
et comme expert médical du
Conseil royal pour les affaires d'assurances. Il a également fait partie du Conseil
scientifique de la Délégation
de recherche de la Défense. Il
a pris une part active à la
29
Plusieurs grandes universités
américaines ainsi que l'Université libre de Berlin l'ont
appelé à enseigner, en qualité
de professeur invité. Il a
pris une part très active à de
nombreux congrès. Il a été, en
1967, président de la Société
internationale de chirurgie et
joue encore aujourd'hui un
rôle en vue dans cette importante association.
Depuis qu'il a pris sa retraite, le Prof. Philip Sandblom
a donné à notre Université, en
qualité de professeur invité,
des enseignements extrêmement
appréciés en chirurgie, dans
le cadre de l'enseignement de
clinique chirurgicale du Prof.
F. Saegesser. Il participe de
la façon la plus active à la
vie du Service de chirurgie,
faisant opérer les assistants
et les aidant dans leurs travaux. Il consacre également
une partie de son temps à
l'Hôpital des Vétérans, à
San Diego (Californie). La
collation du titre de docteur
honoris causa au Prof. Philip
Sandblom est donc un témoignage de gratitude et de reconnaissance envers un éminent
savant et médecin, qui est depuis longtemps un grand ami de
notre Université.
Nouveaux professeurs
honoraires de l'Université
de Lausanne
d'un troupeau sans c e s s e renouvelé au cours
des trente d e r n i è r e s a n n é e s .
Prof.
André
Il l e s a r e n o u v e l é s , modernisés et développés
avant d'en transmettre une partie à des c o l l è ­
gues plus jeune.
P r o f e s s e u r ordinaire et d i r e c t e u r en t i t r e de
l ' E c o l e de pharmacie dès 1947, le P r o f . André
Girardet veille sans r e l â c h e au développement
de son E c o l e . Inspiré par un idéal p r o f e s s i o n ­
nel a u s t è r e et grand, il s ' e s t acquis une auto­
r i t é dont s e s anciens élèves et l'ensemble du
corps pharmaceutique s u i s s e lui sont r e c o n ­
n a i s s a n t s . Au moment où le Conseil d'Etat le
nomme p r o f e s s e u r h o n o r a i r e , s e s amis, s e s
c o l l è g u e s , s e s c o n f r è r e s et s e s étudiants lui
adressent leur hommage de gratitude et l e u r s
voeux pour une r e t r a i t e h e u r e u s e .
GIRARDET
L a limite d'âge imposée par l a loi oblige M.
André G i r a r d e t , p r o f e s s e u r de chimie p h a r ­
maceutique et d i r e c t e u r de l ' E c o l e de P h a r ­
macie de l ' U n i v e r s i t é de Lausanne, à prendre
s a r e t r a i t e . Il aura enseigné à Lausanne,
comme p r o f e s s e u r , pendant 39 années et d i r i ­
gé l ' E c o l e pendant plus de 27 a n s .
Prof.
C I N Q p r o f e s s e u r s ordinaires de l ' U n i v e r s i t é de Lausanne
sont parvenus au terme de leur c a r r i è r e d'enseignant. Le
Conseil d'Etat leur a conféré le t i t r e de p r o f e s s e u r h o n o r a i r e ,
en leur exprimant la r e c o n n a i s s a n c e du pays vaudois pour l e s
éminents s e r v i c e s qu'ils ont r e n d u s .
Edouard
JÉQUIER
L a Faculté de médecine doit se s é p a r e r du
P r o f . .Michel J é q u i e r , chef du S e r v i c e de neu­
r o l o g i e , qui a rendu de si éminents s e r v i c e s à
la r e c h e r c h e et à l'enseignement de la médeci­
n e , dans l e domaine de la n e u r o l o g i e .
Nous leur souhaitons de jouir d'une longue et fructueuse r e ­
traite .
Prof.
Michel
puis s e s études de l e t t r e s à Lausanne, où son
p è r e , le P r o f e s s e u r Charles B u r n i e r , avait
été appelé à la c h a i r e de g r e c de l ' U n i v e r s i t é .
BURNIER
L i c e n c i é ès l e t t r e s en 1927, il s e tourne a l o r s
v e r s la théologie, qu'il étudiera en Allemagne
et à P a r i s . De 1933 à 1945, il est martre de
g r e c et de philosophie au Gymnase de jeunes
filles de Lausanne, tout en élaborant, sous la
direction d'Arnold Reymond, une thèse de
doctorat intitulée Révélation chrétienne et
jugements de valeur religieux (194-2). L a publication de cet ouvrage c o n s i d é r a b l e , suivi
coup sur coup d'un r e c u e i l d ' e s s a i s : B i b l e et
théologie ( 1 9 4 3 ) , et de c e s "Journaux" de
forme si p e r s o n n e l l e , L a maison du potier et
Dans des v a s e s de t e r r e , le c l a s s e parmi l e s
théologiens l e s plus originaux de la S u i s s e
romande.
Dès 1945, il enseigne l'apologétique et la
théologie contemporaine à la Faculté de théolo­
gie de l ' U n i v e r s i t é , ainsi que, pendant quel­
ques a n n é e s , à c e l l e du chemin des C è d r e s . Il
a élargi c e s enseignements dans des domaines
aux f r o n t i è r e s de la culture g é n é r a l e , en étu­
diant, par exemple, la n a i s s a n c e et la vie des
symboles dans le langage des peuples . Il savait
aussi é v e i l l e r l ' i n t é r ê t de s e s auditeurs à
l'égard de la pensée catholique contemporaine.
Nous apprenons avec r e g r e t s que l e P r o f .
Edouard B u r n i e r a donné s a démission, le
mois d e r n i e r , pour d'impérieuses r a i s o n s de
santé.
L e c t e u r infatigable et prodigieusement informé
de tout ce qui s ' é c r i t , qui butine dans l e s
champs l e s plus divers pour en f a i r e le miel
dont s e s étudiants auront la primeur, le P r o f .
Edouard B u r n i e r a été comme le " p a s t e u r "
Bourgeois de P r a z , dans le Vully f r i b o u r g e o i s , né à P e s e u x en 1906, le P r o f . Edouard
B u r n i e r a fait s e s c l a s s e s à Neuchâtel, puis
30
D'origine vaudoise, né à Grandson en 1904,
fils de pharmacien, le P r o f . André Girardet
s ' e s t i n t é r e s s é aux plantes dès son enfance.
Après des études s e c o n d a i r e s à Yverdon et à
Trogen (Appenzell), il p r é p a r e à Lausanne le
diplôme fédéral de pharmacien et l'obtient au
printemps 1927. Son intérêt pour l e s plantes
et pour la chimie le conduit à l ' U n i v e r s i t é
d'Edimbourg, où pendant quatre ans il est
l ' é l è v e , puis l ' a s s i s t a n t du P r o f . G . B e r g e r .
Il y élabore s a t h è s e de docteur ès s c i e n c e s ,
s u r l e s alcaloi'des de P u k a t e a . Après un stage
à Oxford, il est engagé comme chimiste dans
l e s l a b o r a t o i r e s de r e c h e r c h e d'une grande
usine b â l o i s e de l'industrie pharmaceutique.
En 1935, il s é j o u r n e à P a r i s , y fréquente l e s
l a b o r a t o i r e s de la Faculté de pharmacie, puis
il est nommé p r o f e s s e u r e x t r a o r d i n a i r e à
l ' U n i v e r s i t é de Lausanne, pour y enseigner la
pharmacie galénique et la botanique pharma­
ceutique, puis la chimie pharmaceutique et la
pharmacognosie. Pendant plus de dix a n s , il a
assumé la t r è s lourde charge des t r o i s e n s e i ­
gnements principaux de l ' E c o l e de pharmacie.
O r i g i n a i r e de Neuchâtel, le P r o f . Michel J é ­
quier est né à Champagne (Vaud) en 1909. Son
p è r e , Gustave J é q u i e r , était égyptologue et
p r o f e s s e u r à l ' U n i v e r s i t é de Neuchâtel. Après
quelques s e m e s t r e s à Neuchâtel et à B e r n e , le
P r o f . Michel Jéquier a terminé s e s études de
médecine à Lausanne, en 1933, puis a accompli
divers stages au National Hospital à L o n d r e s ,
à l'Institut d'anatomie pathologique de B â l e , à
la Clinique Mon-Repos au M o n t - P è l e r i n et à
l'Institut d'hygiène de Z u r i c h . Assistant à la
Clinique médicale de Lausanne en 1936, chef
31
de clinique au deuxième S e r v i c e u n i v e r s i t a i r e
de médecine en 1939, il est nommé p r i v a t - d o cent à la Faculté de médecine en 194-5. 11 de­
vient en 1954- le premier médecin-chef de la
Division de neurologie de la Clinique médica­
l e , au Pavillon B o u r g e t . Chargé de cours en
1957, H est nommé p r o f e s s e u r e x t r a o r d i n a i r e
en 1962, lorsque la c h a i r e de neurologie est
créée> et que la Division de neurologie a c ­
quiert son autonomie. Sept ans plus t a r d , en
1969, la Division est t r a n s f é r é e à l'Hôpital de
Beaumont et transformée en un S e r v i c e uni­
v e r s i t a i r e ; la même année, le P r o f . Michel
Jéquier est promu p r o f e s s e u r o r d i n a i r e .
Le P r o f . Michel Jéquier a également été appe­
lé à enseigner à l ' é t r a n g e r , notamment à
l ' U n i v e r s i t é Harvard en I 9 6 0 et 1970. Membre
de nombreuses s o c i é t é s savantes s u i s s e s et
é t r a n g è r e s , il a présidé la S o c i é t é s u i s s e de
neurologie de 1971 à 1 9 7 3 . Il est membre
d'honneur de la S o c i é t é f r a n ç a i s e de neurolo­
gie ainsi que de l'American Neurological A s ­
s o c i a t i o n . 11 a été le rédacteur de la "Revue
médicale de la S u i s s e romande" de 1953 à
1970. 11 a publié plus de cent travaux s c i e n t i ­
fiques c o n s a c r é s à la neurologie clinique, à
la neuropathologie (encéphalite pseudo-tumo­
r a l e , syndrome de M a r c h i a f a v a - B i g n a m i ,
maladie de Recklinghausen, insolation, syn­
drome de Devic, s c l é r o s e en plaques, a r t h r o ­
se c e r v i c a l e , e t c . ) et à la génétique médicale,
(chorée de Huntington, dystrophie myotonique,
myopathies, p a r a p l é g i e s , e t c . ) . 11 est é g a l e ­
ment l'auteur de remarquables travaux d'hé­
raldique et d ' h i s t o i r e , "hobby" auquel il en­
tend à l'avenir c o n s a c r e r partiellement s a r e ­
t r a i t e , que tous ceux qui ont été s e s c o l l a b o ­
r a t e u r s ainsi que s e s a s s i s t a n t s et étudiants
souhaitent longue et h e u r e u s e .
Prof.
Firmin
OULÈS
11 est difficile de se f a i r e à l'idée que le P r o f .
Firmin Oulès, toujours jeune d'allure et de
pensée, a atteint la limite d'âge et qu'il a p r i s
sa r e t r a i t e . P e r s o n n a l i t é t r è s f o r t e , aux con­
ceptions spontanément originales - et non par
un anticonformisme de p r i n c i p e , qui n ' e s t
qu'une forme particulièrement aliénante de
conformisme - d'une indépendance absolue,
doué d'un sens critique impitoyable allié à de
délicates qualités de c o e u r , d'une fidélité
sans faille pour s e s amis, le P r o f . Firmin
Oulès occupait à la Faculté de droit une place
bien marquée. De nationalité f r a n ç a i s e , com­
me Léon W a l r a s , dont il occupait la c h a i r e ,
s a c a r r i è r e de p r o f e s s e u r , sinon d'enseignant,
s ' e s t déroulée entièrement à Lausanne.
double b a c c a l a u r é a t de mathématiques et de
philosophie, b a s e devenue quasi n é c e s s a i r e
pour l'économiste contemporain. Puis il suivit
deux v o i e s , théorique et pratique, à l ' U n i v e r ­
sité et dans l'Administration. 11 p r é p a r e la
l i c e n c e en droit et le doctorat en droit, men­
tion s c i e n c e s économiques, aux F a c u l t é s de
droit de Toulouse d'abord, de P a r i s ensuite.
11 devint contrôleur de l'enregistrement et des
contributions d i r e c t e s , ce qui lui fit a c q u é r i r
une expérience p r é c i e u s e des hommes et de
l e u r comportement. Mais l'enseignement l ' a t - t i r a i t . Après avoir été a s s i s t a n t à l a F a c u l t é
de droit de P a r i s , il fut chargé de cours aux
F a c u l t é s de droit d ' A i x - e n - P r o v e n c e , R e n n e s ,
Toulouse et A l g e r .
" s u r le t e r r a i n " à la r e c h e r c h e des données
économiques, politiques, s o c i a l e s et financiè­
r e s , i l fit suivre à s e s auditeurs l'évolution
des grands problèmes économiques de notre
temps. Inspirés de s e s i d é e s , t h è s e s et ou­
vrages commencèrent d ' a p p a r a î t r e , formant
la collection de " L a nouvelle école de L a u ­
s a n n e " . L e s r é s u l t a t s de son enseignement
peuvent se m e s u r e r aux vocations qu'il a s u s ­
c i t é e s : la plupart des p r o f e s s e u r s qui e n s e i ­
gnent actuellement l'économie politique à L a u ­
sanne sont s e s anciens étudiants.
Des compétences étendues, un esprit d'initia­
tive et de r é a l i s a t i o n toujours en é v e i l , une
disponibilité exemplaire enfin entraînent le
P r o f . Georges Panchaud à déployer une a c t i ­
vité pédagogique c o n s i d é r a b l e , à l ' é c h e l l e
nationale et internationale. Que ce soit en
qualité de membre de la Commission s u i s s e de
l ' U N E S C O , de délégué ou d'expert, il p a r t i c i ­
pe à de nombreuses missions en S u i s s e , en
Europe, en A r a b i e , en Afrique; qu'il s ' a g i s s e
de l'enseignement de l ' h i s t o i r e , de l ' o r g a n i s a ­
tion de fondations (Village P e s t a l o z z i , e t c . ) ,
de réformes d i v e r s e s , de la planification de
l'éducation, de la promotion et de la gestion
du " b a c c a l a u r é a t i n t e r n a t i o n a l " , le P r o f . G .
Panchaud propose des solutions qui retiennent
l'attention, tout en s'attachant lui-même à
leur actualisation sur le t e r r a i n .
Son activité ne pouvait s e b o r n e r à l ' e n s e i ­
gnement o r a l . L a l i s t e de s e s publications est
imposante et elle s e r é p a r t i t s u r plusieurs
pays : la S u i s s e , la F r a n c e , la Belgique,
l ' I t a l i e et même l ' A n g l e t e r r e , où a été édité
(en a n g l a i s ) dans une collection de l i v r e de
poche, un de s e s o u v r a g e s .
P r o f e s s e u r et c h e r c h e u r - pour employer un
terme à la mode - le P r o f . Firmin Oulès a été
l'un et l ' a u t r e avec une t e l l e foi, une t e l l e a r ­
deur, qu'on ne saurait imaginer qu'il ait pu
ê t r e l'un sans l ' a u t r e . Et c ' e s t sans doute
pour c e l a que s ' e s t l e v é e maintenant une pépi­
n i è r e d'économistes dans le Canton de Vaud.
G. F .
Prof.
En 1939, à la r e t r a i t e de P a s c a l Boninsegni décédé le premier jour de s a r e t r a i t e - il fut
désigné par l ' U n i v e r s i t é de Lausanne pour r e ­
prendre la c h a i r e d'économie politique, en
qualité de p r o f e s s e u r e x t r a o r d i n a i r e . Outre
l'économie politique proprement dite, la c h a i r e
comprenait e n c o r e l'économie f i n a n c i è r e ,
l ' h i s t o i r e des doctrines économiques et la s t a ­
t i s t i q u e . En 194-3, le P r o f . F . Oulès était
promu à l ' o r d i n a r i a t .
11 donna à s e s cours un tour t r è s p e r s o n n e l ,
dans la forme et dans le fond. Estimant que
l'économie politique n ' e s t pas pure théorie ce qui la l a i s s e r a i t au stade de simple s p é c u ­
lation intellectuelle - et qu'il est n é c e s s a i r e
de t e n i r compte des faits et des c i r c o n s t a n c e s ,
il réunit, pour l e s fondre, "l'économie p u r e "
et "l'économie appliquée", distinguées et s é ­
p a r é e s systématiquement pas Walras et P a r e to, sans pour autant s a c r i f i e r l'une à l ' a u t r e .
Recomposant sans c e s s e s e s cours à la suite
d'études approfondies, conduites à la fois ou
successivement dans son cabinet de travail et
Né en 1904 dans le sud-ouest de l a F r a n c e , il
y fit des études qui furent sanctionnées par un
32
Georges
PANCHAUD
Né à L a T o u r - d e - P e i l z en 1908, le P r o f .
Georges Panchaud s e destinait primitivement
aux p r o f e s s i o n s techniques; diplômé du T e c h nicum de Berthoud, il t r a v a i l l a durant quel­
ques années dans une e n t r e p r i s e . L e goût de
l'enseignement l ' i n c i t a néanmoins à changer
d'orientation et à s ' y p r é p a r e r en e n t r e p r e ­
nant des études de l e t t r e s à l ' U n i v e r s i t é de
Lausanne, où il obtint s a l i c e n c e ( h i s t o i r e et
langues modernes) en 1 9 3 6 . Il compléta u l t é ­
rieurement s a formation aux U n i v e r s i t é s de
Bonn et d'Oxford.
Souvent c e n t r é s u r l ' e f f i c a c i t é de l ' a c t i o n , il
n'en néglige pas pour autant s e s tâches d'en­
seignant, d'abord et surtout à l ' U n i v e r s i t é de
Lausanne, mais également aux U n i v e r s i t é s de
Genève, de Michigan ( 1 9 6 6 ) , de Montréal
( 1 9 6 7 ) et d'Ottawa ( 1 9 7 2 ) , opérant ainsi sans
c e s s e le passage du rationnel au r é e l et du
r é e l au rationnel avec une souplesse r e m a r ­
quable, qui constitue probablement s a v é r i t a ­
ble o r i g i n a l i t é .
En 1952, il soutint brillamment à Lausanne
une thèse c o n s a c r é e aux E c o l e s vaudoises à
la fin du régime b e r n o i s . A ce moment-là, le
P r o f . G . Panchaud avait déjà amorcé une
v é r i t a b l e c a r r i è r e pédagogique : passant du
s e c t e u r professionnel et privé au s e c t e u r pu­
b l i c , nous le trouvons en 194-1 au Collège
d'Aigle e t , dès 1944, à la tête de l ' E c o l e su­
p é r i e u r e de jeunes filles à Lausanne ( é c o l e
transformée en collège secondaire mixte en
1 9 5 6 ) ; il dirige ce nouvel établissement j u s ­
qu'en 1958, date à laquelle il est nommé p r o ­
f e s s e u r de pédagogie à l ' U n i v e r s i t é de L a u ­
sanne, où il succède à Louis Meylan. P a r a l ­
lèlement, il s ' a t t e l l e à la création du Séminai­
r e pédagogique de l'enseignement s e c o n d a i r e ,
dont il assume la direction jusqu'en 1 9 7 0 .
En proposant la nomination du P r o f . G. P a n ­
chaud à l'honoratiat, l ' E c o l e des s c i e n c e s
s o c i a l e s et politiques a entendu témoigner pu­
bliquement l'estime qu'elle porte à celui qui
fut aussi son président, mais sans r e n o n c e r
dès aujourd'hui à s e s c o n s e i l s et à son appui
c o l l é g i a l , puisqu'elle compte lui c o n f i e r , pen­
dant quelque temps e n c o r e , une charge d'en­
seignement.
33
Huit professeurs ordinaires
installés au Dies
Academicus 1974
P r o f . Jean W.
BRACK
aux autorités fédérales et au
Grand Conseil
Parallèlement à son activité
de conseiller juridique, M. J.
W. Brack a accepté d'importantes charges d'enseignement. De
1951 à 1953, puis en 1969, il
a donné le cours de droit fiscal à la Faculté de droit de
Lausanne, en remplacement du
regretté Prof. Henri Zwahlen.
Il a également enseigné à Neuchâtel, en qualité de chargé
de cours. Il a aussi donné, de
1957 à 1965, les cours de droit
fiscal destinés aux candidats
aux examens de comptable diplômé, d'expert comptable et
d'expert fiscal.
Originaire de Lausanne et Mô'nthal (AG), le Prof. Jean W.
Brack est né à Lausanne en
1912. Il a étudié à la Faculté
de droit de notre Université
et a obtenu en 1942 le doctorat en droit, mention économie
politique. Après un stage au
Département de justice et police du Canton de Vaud, il a
occupé de 1942 à 1953 le poste
de secrétaire juriste au Département des finances. Il a
été ensuite conseiller juridique et fiscal dans une grande
fiduciaire lausannoise, pour
revenir, en 1956, au Département de justice et police, en
qualité de conseiller juridique. Dès i 9 6 0 , il a fonctionné
comme secrétaire des affaires
fédérales, chargé de préparer
les rapports du Conseil d'Etat
En I97O, M. Jean W. Brack, qui
occupait alors le poste d'adjoint universitaire au chef du
service de justice et législation du Département cantonal
de justice et police, a été
nommé professeur extraordinaire de droit fiscal à l'Ecole
des HEC, succédant ainsi qu
Prof. H. Zwahlen. En 1 9 7 2 , il
a été nommé vice-recteur de
l'Université, en remplacement
du Prof. Jean-C. Biaudet.
Prof.
Robert HUGUENIN
Né en 1927 à La Brévine, le
village des Montagnes neuchâteloises dont il est originaire, le Prof. Robert Huguenin a
fait ses études à la Faculté
des sciences de l'Université
de Lausanne, qui lui a décerné
34
collaboration avec le Prof. D.
Rivier — sur les phénomènes
d'aimantation et d'effet de
Hall dans les métaux, en particulier dans les alliages à
base de nickel.
que
Prof.
Antonio
Spécialiste de la physique du
solide, le Prof. Robert Huguenin est l'auteur de diverses
publications scientifiques
importantes - certaines en
1974/76.
STÄUBLE
Prof.
la licence ès sciences mathématiques et physiques en 1958
et le doctorat.ès sciences en
1964. Il a été assistant au
Laboratoire de physique de
physique de notre Université,
associé de recherche à 1'Atomic Energy Research Establishment, à Harwell (Grande-Bretagne). En 1966, il a été engagé
à la Faculté des sciences de
l'Université de Lausanne en
qualité de chef de travaux et,
l'année suivante, il était
nommé professeur extraordinaire, chargé des cours de physique expérimentale donnés aux
étudiants en médecine et en
pharmacie.
Faculté des lettres de l'Université de Lausanne. Il est
membre suppléant de la Commission locale du Fonds national
et a été désigné comme vicedoyen de la Faculté des lettres pour la période académi-
Originaire du canton d'Argovie, le Prof. Antonio Stâuble
est né en 1933 à Bordighera et
a passé sa
jeunesse en
Italie, jusqu'à la maturité
classique qu'il a obtenue en
1951- Il a fait ensuite des
études de lettres (italien,
français, latin) dans les Universités de Bâle, Paris, Heidelberg et Florence et a obtenu à Bâle, en 1957, le diplôme
d'enseignement secondaire supérieur délivré par le Canton
de Bâle-Ville et, la même année, le doctorat ès lettres.
Il a ensuite enseigné l'italien et le français dans les
lycées bâlois. Dès I965, il a
donné des cours de littérature
italienne à l'Université de
Bâle, en qualité de privât—
docent. A deux reprises, en
1962 / 63 et en 1968 / 69, il a
travaillé à l'Institut suisse
de Rome. Il a été, de 1965 à
I 9 7 I , le président de l'Association bâloise pour la promotion des rapports culturels
avec l'Italie. C'est en 1969
qu'il a été nommé professeur
extraordinaire de langue et
littérature italiennes à la
Valentin
BONIFAS
Né à Genève en 1 9 1 8 , le Prof.
Valentin Bonifas a fait ses
études dans sa ville natale et
a obtenu le diplôme fédéral de
médecin en 1945- De 1946 à
1952, il est assistant au Laboratoire de bactériologie de
l'Université de Genève; en
cette qualité, il participe à
1'enseignement de la bactériologie ainsi qu'à des travaux
de standardisation organisés
par l'OMS, et s'occupe de la
production de vaccin BCG pour
le Canton de Genève. Il devient chef de travaux de bactériologie en 1952, chef du
Service de virologie de l'Institut de microbiologie en
1955- Deux ans plus tard, il
quitte Genève pour les EtatsUnis et devient assistant de
recherche au Département de
microbiologie de l'Université
de S^-Louis (Missouri); en
1958, il y est nommé professeur associé et enseigne notamment la microbiologie,
l'immunologie, la cytologie.
En 1962, il enseigne à l'Université d'Oregon, à Portland,
35
en qualité de professeur associé. De retour en Suisse en
1963, il devient chef du Service de virologie à l'Institut
d'hygiène et de microbiologie
médicale à l'Université de
Berne, où il est, plus tard,
nommé professeur extraordinaire. En 1968, le Prof. Valentin
Bonifas a été appelé par notre
Université en qualité de professeur extraordinaire de microbiologie à la Faculté de
médecine et de directeur de
l'Institut de microbiologie.
Prof.
B e r n a r d DU TOIT
Né à Lausanne en 1933, le
Prof. Bernard Dutoit a fait
ses études à la Faculté de
droit de notre ville, puis à
l'Institut de droit aérien de
l'Université de Cologne. Docteur en droit de l'Université
Lausanne en 1957, il a complété ses études à Paris et y a
reçu le diplôme de l'Institut
des hautes études internationales et le diplôme de russe
décerné par l'Ecole nationale
des langues orientales. Il a
été juriste à l'Administration
fédérale des contributions,
puis a participé, comme rédacteur juridique, à l'élaboration d'un ouvrage encyclopédique sur l'URSS, publié à Fribourg—en—Brisgau. En 1966 et
1967, il a travaillé au Bureau
permanent de la Conférence de
droit international privé à La
Haye. Il a été nommé professeur extraordinaire à la Faculté de droit de notre Université en 1967 et chargé de
l'enseignement du droit comparé, de l'introduction au
droit ainsi que de la direction de l'Institut de droit
comparé - il est l'un des
rares spécialistes suisse du
droit soviétique — et de la
Bibliothèque de la Faculté de
droit. Il a également donné un
cours de droit international
public à l'Université de Fribourg de I 9 7 O à 1 9 7 3 . Il a été
doyen de la Faculté de droit
de l'Université de Lausanne
pendant la période académique
1 9 7 2 / 7 4 . Ajoutons enfin qu'à
partir de cet automne, il
donne à l'Université de Bâle
un cours sur les organisations
internationales.
Prof.
re à l'Université de Lausanne
en i960, en qualité de chef de
travaux au Laboratoire de géophysique, puis de chargé de
cours de topographie en 1962.
Il a été nommé professeur extraordinaire de géophysique et
directeur de l'Institut de
géophysique de la Faculté des
sciences de notre Université
en 1967. Pendant trois ans,
jusqu'à l'installation à Lausanne du Centre romand de géophysique, en 1970, il a aussi
enseigné à l'Université de Genève.
P r o f . André
( 1 9 7 3 ) , parus dans la collection de la Bibliothèque historique vaudoise.
En I 9 6 5 , il a commencé sa carrière d'enseignant à l'Université, comme privat-docent à
l'Ecole des SSP, en donnant un
cours d'histoire sociale. En
1968, il a été nommé professeur extraordinaire et chargé
de l'enseignement - outre
l'histoire sociale — de l'histoire générale des XIX et XX
siècles. Il a assumé les fonctions de président de l'Ecole
des sciences sociales et politiques de I97O à 1972.
e
POUDRET
Camille M E Y E R
DE S T A D E L H O F E N
Le Prof. André Lasserre est né
à Lausanne en 1927. Il fait
ses études de lettres dans notre Université, obtenant la
licence ès lettres en 1948, le
doctorat en 1952. Il a enseigné successivement au Collège
de Rolle, au Collège classique
cantonal, à Lausanne, et au
Gymnase du Belvédère. Parallèlement à cette activité, il a
entrepris des recherches historiques qui aboutirent, entre
autres publications, à sa thèse sur "La situation des ouvriers de l'industrie textile
lilloise sous la monarchie de
Juillet" ( 1 9 5 2 ) , à un ouvrage
sur "Henri Druey, fondateur du
radicalisme vaudois et homme
d'Etat suisse" ( i 9 6 0 ) , puis à
"La classe ouvrière dans la
société vaudoise, 1845 à 1914"
a
Genevois d'origine, le Prof.
Camille Meyer de Stadelhofen
est né à Genève en 1929. Il
fait ses études à la Faculté
des sciences de cette ville et
a obtenu le diplôme d'ingénieur-géologue en 1953 et le
doctorat ès sciences en 19Ô1.
Avant sa nomination à l'Université de Lausanne, il s'est
occupé de recherches géologiques et de prospection dans
l'ancien Congo belge (aujourd'hui, Zaïre) ainsi qu'en Angola. Il a commencé sa carriè3
36
lecteur à l'Ecole de français moderne
e
LASSERRE
Prof. J e a n - F .
HOMMAGE A BENJAMIN R0SSEL
Né à Saint-RaphaèM (Var) en
1931, le Prof. Jean-François
Poudret a fait ses études à la
Faculté de droit de l'Université de Lausanne. Docteur en
droit (lauréat de l'Université) en 1957» il a obtenu son
brevet d'avocat et a ouvert
son étude la même année. Il a
notamment publié un ouvrage
sur "La succession testamentaire dans le Pays de Vaud à
l'époque savoyarde" (Bibliothèque historique vaudoise,
1 9 5 7 ) . En 1963, il a été nommé
professeur extraordinaire
d'histoire du droit à la Faculté de droit de notre Université; il est en outre chargé, dès 1964, du cours de procédure civile.
7^"OS v a c a n c e s ont été cruellement a t t r i s t é e s
par le décès de notre excellent collègue,
Benjamin R o s s e l . Atteint dans sa santé peu
après la r e n t r é e d ' a v r i l , il voulut cependant
assumer tout son enseignement jusqu'au d e r ­
n i e r jour du s e m e s t r e
d ' é t é . L'opération déli­
cate qu'il devait subir
peu après amena l e s
complications l e s plus
g r a v e s . Il fut emporté
le 21 août, après s i x
semaines de souffrances
et de lutte.
auxquels il vouait en toutes c i r c o n s t a n c e s un
extrême i n t é r ê t .
En raison de c e s dons humains, Benjamin R o s ­
s e l était né pédagogue. S a l i c e n c e terminée à
l'Université de Lausan­
ne, il's'intéressa très
vite à l'enseignement du
f r a n ç a i s . Il l'enseigna
à l ' E c o l e Nouvelle
d'abord, puis au Chenit
et au Collège de Béthusy avant d'être appelé à
1' Ecole de f r a n ç a i s mo­
derne en 1 9 6 8 . C'est là
qu'il trouva la c o n s é c r a ­
tion de son e x p é r i e n c e
pédagogique et le cou­
ronnement de s e s t r a ­
vaux de r e c h e r c h e .
Comme il s ' é t a i t tou­
jours passionné pour les
problèmes de langue et
de grammaire, le Dé­
partement de l ' i n s t r u c ­
tion publique l'avait
chargé de r é d i g e r plu­
s i e u r s manuels pour
l'enseignement secondai­
r e vaudois. Il entreprit
cette tâche avec enthou­
s i a s m e , conscient c e ­
Photo Raymond Favre
pendant des difficultés
et des embûches inhérentes à une telle e n t r e ­
p r i s e . 11 était également l'auteur de plusieurs
a r t i c l e s sur l'enseignement de la morphologie
et de la syntaxe f r a n ç a i s e s .
Sous le coup de l'émo­
tion, il est encore im­
possible de mesurer le
vide immense que l a i s s e
son départ auprès de
s e s étudiants et de s e s
collègues. Sa sérénité
bienveillante, sa dispo­
nibilité constante, sa
g e n t i l l e s s e et sa franche
gaité constituaient une
part e s s e n t i e l l e et n é ­
c e s s a i r e de notre vie à
l ' E c o l e de f r a n ç a i s mo­
derne . Chacun de nous
était habitué au bienfait
de son rayonnement. De
cette t e r r e vaudoise où
il était n é , à L u t r y , en 1923, Benjamin R o s s e l
avait la tranquillité douce, l'humanisme solide
qui alliait la profondeur mystique et la rigueur
de l ' e s p r i t à un authentique amour de la v i e .
Ce qui frappait en lui, c ' é t a i t sa parfaite d r o i ­
ture intellectuelle et m o r a l e . Cette qualité
d'ailleurs excluait toute forme d ' i n t o l é r a n c e ,
elle n'avait rien de pesant pour l e s autres
Collaborateur des Cours de V a c a n c e s de la
Faculté des l e t t r e s depuis 1949, il en appré­
ciait l'atmosphère détendue et j o y e u s e . 11 lui
37
C'est peu dire que Benjamin Rossel était ap­
p r é c i é de s e s étudiants et de s e s c o l l è g u e s .
P a r tout son ê t r e et par ce qu'il donnait de
lui-même à ceux qui le côtoyaient, il est de
ceux dont le souvenir aide l e s autres à v i v r e .
fallait ce climat de confiance et de chaleur
humaine pour qu'il pût donner toute sa m e s u r e .
S a passion de l'enseignement était communica­
tive, elle entrafnait s e s étudiants et donnait
t r è s vite aux c l a s s e s dont il avait la charge
de la cohésion et de l'enthousiasme. A l ' E c o l e
de f r a n ç a i s moderne, sa tâche était lourde,
puisque en plus de la grammaire qu'il e n s e i ­
gnait dans deux c l a s s e s , il assumait un e n s e i ­
gnement de c a r a c t è r e l i t t é r a i r e . Son expé­
r i e n c e et sa disponibilité nous amenaient spon­
tanément à f a i r e appel à lui en maintes c i r ­
constances .
A Madame R o s s e l , à s e s cinq enfants et à
toute sa famille va la sympathie t r è s s i n c è r e
de s e s c o l l è g u e s , de s e s étudiants et de s e s
amis.
Robert
Marclay
Benjamin Rossel, grammairien
J^E nom de notre collègue
Benjamin Rossel, qui vient
de nous être si brusquement
enlevé, restera étroitement
lié à la Grammaire française
dont il était l'auteur avec
Louis Gigon. Il avait rédigé
cet important ouvrage en deux
volumes à la demande du Département de l'instruction publique qui désirait doter les
classes de notre enseignement
secondaire d'un nouvel instrument de travail au lendemain
de la réforme de 1956. Cette
Grammaire, dont il avait écrit
la partie théorique, fut complétée par un livre d'Orthographe et morphologie françaises écrit en collaboration
avec Jacqueline Seylaz.
Tout auteur d'un manuel scolaire, et qui plus est d'un
manuel de grammaire française,
se heurte à mille difficultés
et s'expose inévitablement aux
critiques. L'énorme capacité
de travail de Benjamin Rossel
lui avait permis de surmonter
les premières; quant aux secondes, il les recevait avec
cette bonhomie souriante et
cette heureuse philosophie de
la vie qui le caractérisaient.
Il n'arrivait cependant pas
toujours à dissimuler aux yeux
de ses amis les plus proches
une certaine déception, voire
un peu d'amertume en constatant les incessantes remises
en cause tant doctrinales que
pédagogiques qui agitaient,
ces dernières années, l'enseignement de la grammaire au
niveau secondaire.
Non pas qu'il fût, comme on
pourrait le penser, hostile à
toute réforme ou défenseur de
la tradition à tout prix.
N'est-ce pas lui qui, il y a
quelques années, présentait au
colloque des maîtres de français un remarquable exposé sur
les nouvelles doctrines grammaticales ? Il ne cessait de
se tenir au courant et nous
parlait souvent avec enthousiasme de ses lectures de
Gleason, de Bloomfield, de
Ruwet, de Chomsky (dont il
appréciait particulièrement la
Linguistique cartésienne) et
38
de bien d'autres linguistes
qu'il prenait le temps d'étudier malgré ses multiples occupations.
Un des problèmes qui le passionnaient le plus était cette
sorte de retour en arrière,
par dessus le structuralisme,
que constituait la recherche
chomskyenne dés universaux de
langage, recherche qui s'inscrit dans le droit fil des
travaux d'Arnault et de Lancelot et de leur Grammaire générale et raisonnée de PortRoyal . Il trouvait fort intéressant cet essai de synthèse
des apports de la grammaire
traditionnelle et structuraliste opéré par Chomsky à travers le modèle génératif
transformationnel.
influents dans le domaine des
applications pédagogiques,
celui vers lequel lés auteurs
de manuels tournaient le plus
volontiers les regards, c'était Georges Galichet et sa
grammaire "psychologique". A
ce point de vue, la Grammaire
de Rossel et Gigon était une
tentative intéressante de
concilier les conceptions
"psychologiques" de Galichet
et celles plus traditionnelles
de Maurice Grévisse (Le bon
Usage) ou encore celles plus
anciennes de Ferdinand Brunot
(La Pensée et la Langue).
A considérer les choses avec
le recul des années, on
s'aperçoit qu'une grammaire
scolaire (nous soulignons à
dessein l'adjectif), comme
celle de Rossel, paraissant
vers i 9 6 0 , ne pouvait être
qu'une grammaire de transition. Au moment où son auteur
disparaît, il est juste de dire que ce rôle, elle l'a rempli. Que dans les années suivantes l'évolution et la di-
versification des doctrines
grammaticales aient été très
rapides, nul ne le contestera.
Que, par conséquent, des adaptations méthodologiques soient
indispensables, Benjamin Rossel aurait été le dernier à le
nier, d'autant que nos structures scolaires et les besoins
des élèves se modifient sans
cesse.
Mais notre collègue avait horreur de la mode pour la mode,
du changement pour le changement. Il se désolait de voir
s'élargir le fossé entre théoriciens et praticiens et il ne
cachait pas un certain sceptticisme quant aux applications
possibles des nouvelles doctrines à l'enseignement secondaire, du moins dans l'immédiat. Il lui semblait difficile en effet de discerner clairement dans le foisonnement
des doctrines et des expériences actuelles les lignes de
force capables de déterminer
un vrai renouvellement des
études grammaticales dans nos
Il est bien évident, toutefois, qu'au moment où Benjamin
Rossel élaborait sa Grammaire,
ces recherches de pointe
étaient soit dans les limbes,
soit peu connues chez nous.
Dans les années 50, l'un des
grammairiens français les plus
39
collèges. D'où sa prudence pas toujours bien comprise à l'égard des projets de
réformes envisagés pour cet
enseignement de la grammaire.
S'il a eu le temps de lire le
livre du jeune linguiste neuchâtelois Eddy Roulet : Théories grammaticales, descriptions et enseignement des langues (Labor /Nathan, 1 9 7 2 ) , il
y aura découvert plus d'un
écho à ses préoccupations et
la confirmation d'un certain
nombre de ses doutes. Mais en
même temps il y aura trouvé un
appel à aller de l'avant, à
poursuivre les recherches
théoriques et appliquées.
Benjamin Rossel disparu, cet
appel prend une singulière
résonance pour tous ceux qui,
comme lui, s'efforcent de donner à l'enseignement de la
langue la place qui lui revient, et ceci, à tous les niveaux de l'enseignement.
Jean-François Maire
HOMMAGE À HENRI ZWAHLEN
ancien recteur de l'Université
droit de Lausanne, où il avait enseigné durant
près de quarante a n s , et l ' U n i v e r s i t é de L a u ­
sanne, dont il avait été r e c t e u r de 1962 à
1964, ont r e s s e n t i douloureusement son d é ­
part.
Né en 1911 - l'année où était c r é é à Lausanne
l'enseignement du droit administratif qu'il de­
vait i l l u s t r e r et développer - le P r o f e s s e u r
Henri Zwahlen a fait toutes s e s études primai­
r e s , s e c o n d a i r e s et gymnasiales à Lausanne.
Fuis il entra à l ' U n i v e r s i t é , où il suivit simul­
tanément l e s cours de la Faculté de droit et de
l ' E c o l e des hautes études c o m m e r c i a l e s . D é s i ­
reux d ' é l a r g i r le c e r c l e de son milieu j u r i d i ­
que, il entra à l a S o c i é t é d'étudiants de Zofingue. En 1933, il obtenait la l i c e n c e ès s c i e n ­
c e s commerciales et économiques. P u i s , p r é ­
parant s a thèse de doctorat en d r o i t , il alla
t r a v a i l l e r à B e r l i n et en A n g l e t e r r e . En 1 9 3 5 ,
il soutenait sa thèse à L a u s a n n e . L e sujet
choisi : L e s s o c i é t é s commerciales avec p a r ­
ticipation de l ' E t a t , révélait l'attention qu'il
portait à l'intervention c r o i s s a n t e de l ' E t a t
dans l ' a c t i v i t é des p a r t i c u l i e r s et à l'influence
grandissante du droit public au détriment du
droit p r i v é .
de droit administratif et de droit f i s c a l . A c e s
enseignements fut ajouté celui de la l é g i s l a ­
tion s o c i a l e , dont l e s origines remontaient à
un cours de Vilfredo P a r e t o . L a réunion de
c e s t r o i s disciplines autour d'une seule c h a i r e
marque l'importance nouvelle du droit public
dans l e s F a c u l t é s de droit. D é s o r m a i s , l e s
nouvelles générations de j u r i s t e s allaient
a c q u é r i r une connaissance approfondie du
droit public, n é c e s s i t é e par l e s t r a n s f o r m a ­
tions de s t r u c t u r e de la s o c i é t é contemporaine.
Pour compléter son enseignement, il fonda la
"Revue de droit administratif et f i s c a l " , i n s ­
trument aujourd'hui indispensable à tous l e s
j u r i s t e s . En dépit des c h a r g e s qui pesaient
déjà sur lui, i l avait accepté en 1943 l'appel
de l ' U n i v e r s i t é de Neuchâtel et y avait été
nommé p r o f e s s e u r e x t r a o r d i n a i r e de droit f i s ­
c a l , tout en conservant intégralement s a c h a i ­
re lausannoise.
annuelle de la S o c i é t é s u i s s e des j u r i s t e s .
Son rapport sur " L e contrat administratif"
fait aujourd'hui a u t o r i t é . Assumant de front
l'enseignement et l e s tâches administratives,
il était r e c t e u r de l ' U n i v e r s i t é de Lausanne de
1962 à 1964 - période au cours de laquelle il
conçut l'idée et lança la r é a l i s a t i o n du t r a n s ­
fert de l ' U n i v e r s i t é à Dorigny - puis il fut
président du Sénat de l ' U n i v e r s i t é de Lausan­
ne de 1968 à 1970. 11 n'avait pas terminé cette
fonction qu'il était élu juge au Tribunal fédé­
r a l à la fin de l'année 1 9 6 9 . Il accepta pour­
tant de poursuivre l'enseignement du droit f i s ­
c a l à la F a c u l t é de droit jusqu'à la fin de l ' a n ­
née u n i v e r s i t a i r e 1 9 7 3 - 7 4 .
E s p r i t c l a i r , rigoureux, sans parti p r i s , me­
s u r é , conciliant, Henri Zwahlen était t r è s r e ­
c h e r c h é pour son conseil tant par s e s c o l l è ­
gues et par l e s étudiants que par l e s p e r s o n ­
nes publiques. C'est ainsi qu'il faisait partie
de nombreuses commissions cantonales ou f é ­
d é r a l e s , dont il assumait souvent la p r é s i d e n ­
c e ; il fut président de l a Conférence s u i s s e
des r e c t e u r s d ' u n i v e r s i t é s , par exemple. L a
multiplicité et l'intensité de s e s activités de
p r o f e s s e u r , d'administrateur, de c o n s e i l , de
juge, incidemment d'homme politique ( c a r il
fit une b r è v e incursion au Conseil communal)
n ' a l t é r è r e n t jamais s a simplicité, s a fraîcheur
d ' e s p r i t , sa bonne humeur. En lui, l ' U n i v e r ­
sité a perdu un maître compétent et souriant,
dont l'autorité n'était pas c o n t e s t é e .
L'année 1947 allait marquer une intense a c t i ­
v i t é . Auteur du rapport de langue f r a n ç a i s e à
l ' a s s e m b l é e annuelle de la S o c i é t é s u i s s e des
j u r i s t e s sur le thème : " L e fonctionnement de
la j u s t i c e administrative en droit fédéral et
dans l e s c a n t o n s " , il devenait doyen de la
Faculté de droit de l ' U n i v e r s i t é de Lausanne
et il était promu p r o f e s s e u r o r d i n a i r e .
A peine e u t - i l déposé s a charge décanale qu'il
fut appelé par l ' O N U et l ' O l T à conduire
une enquête s u r le t r a v a i l f o r c é dans le mon­
d e . Cette mission le tint é c a r t é de l ' U n i v e r s i ­
té pendant deux a n s . En 1 9 5 8 , il fut à nouveau
rapporteur de langue f r a n ç a i s e à l ' a s s e m b l é e
Guy Flattet
11 occupa a l o r s pendant une année l e s fonctions
de s e c r é t a i r e à la Chambre vaudoise du com­
merce et de l ' i n d u s t r i e , où il put mettre à l ' é ­
preuve sa double formation juridique et com­
m e r c i a l e . Mais l ' U n i v e r s i t é avait gardé le
souvenir de son ancien étudiant e t , en 1936,
elle l'appelait pour le c h a r g e r du cours de
droit administratif. 11 constata rapidement que
cette discipline avait pris un tel développement
qu'il devenait n é c e s s a i r e d'en s é p a r e r une
partie dont l'autonomie s'imposait : le droit
f i s c a l . Après un s é j o u r d'études à P a r i s , il
fut nommé en 1939 p r o f e s s e u r e x t r a o r d i n a i r e
[JL
sentiment d'un grand vide a s a i s i tous
ceux - et iLs étaient nombreux - qui
avaient approché Monsieur Henri Zwahlen,
après la stupeur dont l e s avait frappés sa
soudaine disparition. L a personnalité du d i s ­
paru, par s e s qualités tant intellectuelles que
m o r a l e s , s a bienveillance, la d i v e r s i t é de s e s
i n t é r ê t s , l'étendue de son a c t i v i t é , rayonnait
depuis Lausanne bien au-delà des f r o n t i è r e s
cantonales et même n a t i o n a l e s . L a Faculté de
40
41
HOMMAGE À VICTOR DEMOLE
ancien professeur à la Faculté de médecine
J^E Professeur Victor Laurent Demole, qui a été
professeur de pharmacologie à l'Université
de Lausanne de 1936 à 1957, est mort le 24 août
1974 à l'âge de 87 ans, à Préverenges (Vaud),
lieu de sa résidence depuis son départ de Bâle,
en 1947-
qu'il aimait évoquer au cours de conversations
sur la formation médicale. Il paraît avoir fait
partie d'un groupe d'étudiants intellectuellement et politiquement agités et non-conformistes; il paraît avoir bien connu Lina Stern,
histologue genevoise, connue
aussi bien pour sa découverte
de la barrière hémato-encéphalique que pour son engagement politique ultérieur, et
a publié en 1925 et 1927 des
travaux en collaboration avec
le bouillonnant histologue
zurichois Vonwiller, qui à
son tour avait collaboré avec
Lina Stern.
L'Université perd en lui un
professeur honoraire qui a eu
un grand renom scientifique
international, de 1930 à 1945,
à une époque qui nous paraît
souvent beaucoup plus révolue
qu'elle ne l'est peut-être en
réalité. Comme beaucoup de
professeurs honoraires qui
survivent longtemps à leur
retraite, Victor Demole a eu
peu de contacts avec l'Université où la Faculté de médecine au cours des dernières
années de sa vie. Jusqu'à ce
que les séquelles d'un accident subi quelques années
avant sa mort aient limité
sérieusement ses possibilités
de déplacement et d'action
physique, Victor Demole a
cependant toujours gardé un
contact très étroit avec les
autorités de santé publiques cantonales aussi
bien que fédérales, et un certain contact peu
fréquent mais assez régulier, avec l'Institut
de pharmacologie de l'Université de Lausanne,
créé après sa démission.
Après ses études, Victor Demole s'est formé comme assistant en neurologie et en
psychiatrie ; il a poussé
cette formation très loin,
puisque vers 1925, il est devenu privat-docent de neurologie et psychiatrie à l'Université de Genève. De cette
période de formation, il a
toujours gardé un vif intérêt
pour les problèmes neurologiques, du point de vue clinique aussi bien qu'expérimental. L'aspect contemplatif de la psychiatrie de cette époque
devait rebuter l'homme d'action immédiate qu'il
a toujours été; il n'a malheureusement pas
vécu, comme chercheur actif, l'époque à laquelle quelques aspects de la thérapeutique psychiatrique sont devenus accessibles à des méthodes de recherches pharmacologiques et biochimiques qu'il dominait et pouvait comprendre.
Né en 1887 à Genève, Victor Demole a fait ses
études de médecine à la Faculté de sa ville natale, dans la première décennie de notre siècle. Ce que nous savons de la période de ses
études provient de ses souvenirs personnels
Pendant sa période de formation en neurologie,
42
Victor Demole s'est aussi initié aux méthodes
de recherche pharmacologiques, toxicologiques
et histologiques de l'époque. Encore, nous
savons peu sur ses premiers pas dans ce domaine : les résultats de ses travaux devaient attirer l'attention des pharmacologues, puisqu'il se vit confier en 1927, d'abord la direction d'un laboratoire de recherches, et ensuite
celle d'un secteur entier des départements de
recherches de l'entreprise bâloise Hoffmann La Roche.
la suite. Le champ des travaux expérimentaux de
Victor Demole ne s'est cependant pas limité aux
vitamines. Travaillant à Bâle, où Verzar
croyait alors avoir trouvé en la désoxycorticostérone, synthétiquement accessible, une hormone surrénarienne physiologique importante, il
s'est aussi intéressé aux effets pharmacologiques de cette substance synthétique, et aussi à
ceux de l'extrait corticosurrénalien renfermant
différentes hormones. Il a en outre publié des
études fort intéressantes sur le rôle physiologique des glandes parathyroïdes et l'hormone
parathyroïdierme, ainsi que des extraits d'ovaires et d'oestrogènes.
C'est dans les vingt années pendant lesquelles
il a été actif au laboratoire de recherches
de Hoffmann -La Roche qu'il a publié ses travaux importants. L'entreprise s'était engagée
alors avec beaucoup d'élan et des moyens financiers considérables dans l'étude de la fabrication et de l'utilisation médicale des vitamines ; c'est peut-être pour cette raison que
Victor Demole est entré dans les laboratoires
de Hoffmann -La Roche et c'est certainement
pour cette raison qu'il s'est expérimentalement
beaucoup occupé du domaine des vitamines,
d'abord de l'étude des effets de la vitamine E,
au sujet de laquelle il a fait un certain nombre de découvertes intéressantes qui, cependant n'ont pas établi un rôle intéressant de
cette vitamine en thérapeutique. Il s'est ensuite beaucoup intéressé à la vitamine C qui
venait d'être synthétisée (par les chimistes de
Hoffmann -La Roche), domaine dans lequel il a
d'abord établi l'identité pharmacologique de la
vitamine C synthétique et du produit naturel,
et a ensuite élucidé beaucoup d'actions, en
partie en collaboration avec Szent — Gyô'rgyi,
qui ultérieurement fut lauréat du Prix Nobel.
Il s'est en outre occupé des problèmes pharmacologiques intéressant alors son entreprise,
comme par exemple certains somnifères, mais
aussi une vitamine pratiquement oubliée en
thérapeutique mais d'autant plus importante en
biochimie, la lactoflavine; quelques chercheurs
travaillant dans ce domaine se souviennent
peut—être de sa controverse des années précédant la Seconde Guerre mondiale avec des chercheurs polonais qui avaient décrit des effets
toxiques marqués de cette vitamine, parfaitement
inoffensive dans les investigations de Victor
Demole. Dès 1939, il fut démontré que cette
toxicité apparente d'une solution injectable de
lactoflavine, n'était pas due à la lactoflavine
elle-même, mais à un solvant. Il est bien regrettable que cette découverte n'ait pas immédiatement attiré l'attention des producteurs de
médicaments sur les dangers potentiels des solvants qui n'ont été étudiés d'une façon plus
approfondie que bien plus tard et après des
accidents thérapeutiques qui ont fait beaucoup
de victimes.
Il a publié des observations intéressantes sur
les carotènes, les précurseurs biologiques de
la vitamine A, et finalement aussi des travaux
sur la vitamine A synthétique. Il est évident
que l'ancien neurologue qu'était Victor Demole
devait s'intéresser particulièrement à la vitamine
dont il a étudié l'action dans le métabolisme intermédiaire. Si les résultats des
recherches de Victor Demole dans ce domaine ne
sont aujourd'hui pas aussi bien connus qu'ils
le mériteraient, ceci est dû en partie au fait
qu'il a toujours essayé, dans ses travaux, de
déceler des emplois thérapeutiques possibles de
ces vitamines, c'est—à—dire d'établir l'importance pratique des substances auxquelles il
s'intéressait, et ses prévisions dans ce domaine n'ont assez souvent pas été confirmées par
Dès 1936, Victor Demole a été professeur de
pharmacologie à l'Université de Lausanne. Son
activité dans ce domaine s'est limitée à la
présentation de deux heures de cours hebdomadaires et aux examens oraux qui, alors, avaient
encore lieu dans le cadre de l'examen final des
médecins. Ses cours ont été apparemment bien
moins fréquentés qu'ils ne l'auraient mérité.
Vu la personnalité et l'engagement du professeur, leur contenu devait certainement être
très intéressant. Un petit précis, publié sous
le nom de Victor Demole, constitue en réalité
un recueil de notes d'étudiants prises pendant
les cours et en reflète le contenu d'une façon
si imparfaite qu'il est difficile d'imaginer à
l'heure actuelle ce que Victor Demole a pu dire
43
Sports universitaires
poursuivie pendant quelques années et a fourni
les bases à la fluoration du sel alimentaire
telle qu'elle est actuellement pratiquée dans
le canton de Vaud. Il a aussi publié quelques
travaux expérimentaux sur les effets toxiques
possibles de fluorures administrés à des doses
beaucoup plus élevées que celles employées dans
la prophylaxie de la carie dentaire. C'est sur
la base de ses travaux sur les fluorures qu'il
est devenu et resté jusqu'à sa mort un membre
actif de la Commission fédérale du fluor du
Service fédéral de l'hygiène publique.
à ses étudiants. Les anciens étudiants de la
Faculté se souviennent du fait qu'il a été un
examinateur extrêmement bienveillant. Le peu
d'influence qu'a eu Victor Demole sur la formation des étudiants en médecine de cette époque
était évidemment dû au fait que son activité de
recherches intéressante et variée se passait
dans ses laboratoires de Bâle, et qu'à Lausanne
il n'ait jamais disposé d'un laboratoire ou
d'un institut vers lequel il aurait pu attirer
des étudiants, et où il aurait pu former des
chercheurs. Un institut de pharmacologie digne
de ce nom n'a été créé à Lausanne qu'après la
démission de Victor Demole, par son successeur
le Prof. Michel Dolivo, actuellement directeur
de l'Institut de physiologie de la Faculté de
médecine.
L'activité de citoyen de Victor Demole dans sa
commune de Préverenges a été évoquée par d'autres que nous. Là, comme partout où il a échoué,
son caractère lui a interdit de rester spectateur ou même observateur : toute étude d'un
problème devait entraîner pour Victor Demole
une action toujours ferme et aussi immédiate
que possible, qui a toujours été acceptée par
ses concitoyens comme par ses collègues à cause
de son amabilité et de sa gentillesse exceptionnelles ainsi que de sa capacité de s'intéresser aux problèmes et difficultés aussi bien
qu'aux joies et enthousiasmes des autres.
Après avoir quitté ses laboratoires à Bâle en
1947, Victor Demole s'est principalement intéressé à des problèmes d'alimentation et, par la
suite, au problème de la prophylaxie de la carie dentaire par l'adjonction de fluorures à
l'eau de boisson et au sel. Dans ce dernier domaine, il s'est engagé activement dans les études du groupe de recherches dentaires du Prof.
Held, à Genève, et a été associé comme dirigeant responsable à l'expérience de la fluoration de l'eau de la Ville d'Aigle qui s'est
Georges Peters
CHAMPIONNAT
LAUSANNOIS
UNIVERSITAIRE
DE
SKI
2.
3.
4.
5.
6.
ALPIN
Berry Pepo
Boutinard François
Richon Jacques
Borel Daniel
Wiesman Christian
Médecine
EPFL
Médecine
EPFL
Arch.
B r e t ay e
50.5
50.6
50.7
50.9
51.I
Catégorie B (non—licenciés )
1.
2.
3.
4.
5.
6.
SLALOM GEANT
Catégorie A (licenciés)
1.
2.
3.
4.
5.
6.
Gaulis Etienne
Chessex Guy
Terrin Augustin
Wiesmann Christian
Boutinard François
Klaue Kaj
EPFL
HEC
EPFL
Arch.
EPFL
Médecine
l'28.8
l'29.5
l'29.8
l'30.6
l'31.2
l'32.2
1.
2.
3.
4.
5.
6.
Herzig Michel
Salamin Jacques
Gillioz Jean-Paul
Jaquet Michel
Rossy Jean-Jacques
Belotti Daniel
Droit
EPFL
Sports
Sports
Médecine
EPFL
l'36.8
l'38.5
1*39.1
l'39.6
i'4i.6
1*41.7
HEC
Lettres
Droit
Arch.
Lettres
Sports
1*43.0
1*44.0
1-48.2
l'49.3
1*49.7
1*52.4
Jaquet Michel
Herzig Michel
Soderstrom Erik
Emaresi Philippe
Berruyer Guy
Cordelle Denis
Sports
Droit
EPFL
Médecine
EPFL
EPFL
27.I 25.5 52.6
27.3
26.4
27.8
27.2
32.O 27.8
55.4
56.8
58.5
59.4
59.8
Lettres
Sports
HEC
Arch.
Lettres
Sports
31.1
3I.8
3O.7
32.6
30.8
33.6
61.6
62.2
62.6
64.4
65.3
67.6
1.
2.
3.
4.
5.
6.
Kindlimann Anne-Lise
Manidi Mary—José
Guyot Marie-Claire
Halpern Béatrice
Girard Anne
Christin Chantai
1.
2.
3.
27.O 24.7 5 1 . 7
Mercier Pierre
Guyot Philippe
Antonini Jean-François
27.5 25.9 53.4
27.4 26.3 53.7
COMBINE
Guyot Marie-Claire
Girard Anne
Grieshaber Michèle
Halpern Béatrice
Kindlimann Anne—Lise
Manidi Mary-José
Catégorie A (licenciés)
Catégorie C (anciens étudiants)
1.
2.
3.
4.
5.
6.
3O.5
3O.4
3I.9
3I.8
34.5
34.0
Catégorie C (anciens étudiants)
Catégorie D (étudiantes)
1.
2.
3.
4.
56.
28.1
30.4
3O.7
32.2
Catégorie D (étudiantes)
Catégorie B (non—licenciés)
Guyot Philippe
Richard Philippe
Mercier Pierre
Antonini Jean—François
Lavizzari Jean—Pierre
Delapraz Eric
1*28.9
1*30.9
1*34.2
l'38.0
1*48.3
2'09.9
SLALOM SPECIAL
Catégorie A (licenciés)
1. Gaulis Etienne
44
26.4 24.1
25.8 24.8
26.7 24.O
26.7 24.2
25.7 25.4
points
1. Gaulis Etienne
EPFL
EPFL
2. Boutinard François
Arch.
3. Wiesmann Christian
EPFL
4. Terrin Augustin
EPFL
5. Borel Daniel
HEC
6. Chessex Guy
Catégorie B (non—licenciés)
6233
6378
6388
6403
6438
6697
1.
2.
3.
4.
5.
6.
Sports
Droit
EPFL
Médecine
EPFL
EPFL
6774
6848
7114
7302
7334
7402
HEC
7424
Jaquet Michel
Herzig Michel
Soderstrom Erik
Emaresi Philippe
Belotti Daniel
Cordelle Denis
Catégorie D (étudiantes)
EPFL
1. Guyot Marie-Claire
25.8 23.8 49.6
45
2.
Kindlimann Anne—Lise
Lettres
3.
Girard Anne
Lettres
4.
Manidi M a r y - J o s é
Sports
5.
Halpern Béatrice
Arch.
6.
Christin Chantai
Sports
C a t é g o r i e C (anciens
1.
Guyot
2.
Mercier
3.
7570
7587
7676
7698
8329
étudiants)
1.
4.
Wiswald
5.
Stoudmann
6.
Jean—Pierre
62'03.O
Eric
Vuille Michel
Catégorie
invités
71'25.0
Althaus
Josiane
R é p a r t i t i o n d e s p o i n t s , par f a c u l t é s
Classement
Challenge
SLALOM
1.
2.
EPFL I
Médecine I
330
310
300
29O
280
27O
Gaulis-Terrin-Boutinard
4.
Droit I
Klaue—Nicole—Stornier
Borel-Noverraz-Salamin
Mercier—Herzig—Kuhn
5.
HEC I
Chessex—Richard-Guyot
EPFL III
Gaillard-Uffer-Terrieux
3 . E P F L II
6.
1.
2.
3.
GEANT
4. Arch. I
5 . E P F L II
6. D r o i t II
Classement
SLALOM
Mercier-de Preux-Gay
D u m o n t - S a l u z P.-Guignard
Fleury-Meylan-Emaresi
13
17
36
Saluz P.-Lehmann-Calame
Jaton-Stirnemann-Rossier
Maillefer-Henny-Mayor
41
51
5
Chali.
120
90
75
60
45
30
2
par sociétés
SPECIAL
1.
EPFL I
Gaulis-Boutinard-Borel
2.
Médecine I
Berry—Richon—Emaresi
3 . EPFL II
Droit I
Mercier—Herzig-Moser
5.
E P F L III
E P F L IV
Söderstrom—Berruyer-Cordélie
Stucky-Belotti-Gentilini
Sports I
Jaquet—Manidi-Christin
45
15
Mercier-Morier-Genoud-Stoudmann
1. ASUL I
2 . A S U L II
120
100
90
80
70
Terrin—Noverraz—Uffer
4.
6.
Classement
par facultés
Droit I
EPFL I
Médecine I
Béhar-Bornand-Calame
CHAMPIONNAT
55
55
DE
Classement
1. SAS I
2 . S A S II
3.
4.
5.
6.
Français I
Borei—Nicole—Mercier
Terrin-Gaillard-Terrieux
SAS III
Stornier—Noverraz-Kuhn
3.
4.
5.
6.
Merecumbe
CHAMPIONNAT
Berry—Boutinard-Borel
Wiesmann—Mercier-Noverraz
3 . Français I
4. Français
Terrin-Berruyer-Gentilini
II
de
50
30
20
10
Carbonnel-Durand-Hauvette
DE
Classement
1.
final
3.
LAUSANNOIS
Le
1.
2.
DE
SKI
DE
EPFL
FOND
Maths-Uni
8.
Goliardia
9.
Turquía
10.
Algeria
11.
Omnisports
490
460
430
400
370
INTER-FACU
BASKETBALL
points
points
CHAMPIONNAT
DE
Brassus
étudiants
Mercier Pierre, Prof.
Dumont G i l l e s
7.
4.
5.
Médecine
Architecture
580
550
Droit
EPFL
3.
d e Preux P h i l i p p e
Droit
4.
Saluz Pieder
Arch.
5.
6.
S a l u z Ruben
T i l l m a n n s Roland
EPFL
Lettres
e
études aux Universités de
Marseille, Aix—en—Provenc e , Paris et L a u s a n n e . Il
e n s e i g n e à n o t r e Faculté
des lettres depuis 1946.
Professeur ordinaire dès
1953» il a é t é d o y e n de
la F a c u l t é d e s l e t t r e s à
d e u x r e p r i s e s , de 1952 à
1954 etr d e 1968 à 1 9 7 2 .
Il a été r e c t e u r d e n o t r e
Université de i960 à 1962.
Il a également e n s e i g n é
à la S o r b o n n e pendant
l'année a c a d é m i q u e 1963 à
d e s d e s t i n é e s d e la S o -
1.
EPFL
2.
Sports
3.
48'14.5
51-42.5
53'11.6
54'07.0
54'07.5
54'18.2
FOOTBALL
final
(*)
HEC
4.
Architecture
(*)
46
EN
SALLE
points
points
700
640
5 . Lettres
6. M é d e c i n e
6IO
58O
7- S c i e n c e s
8. Théologie
550
520
(**)
490
460
Champion universitaire lausannois de football en
s a l l e 1974
(**)
INTER-FACULTES
inter-facultés
Prix d e b o n n e t e n u e
: 45 p o i n t s
*<S&
c i é t é de 1969 à 1 9 7 4 ,
la S A V a c o n n u un d é v e loppement d e s plus r é jouissants. Le nombre d e
ses m e m b r e s d é p a s s e a c tuellement 1 1 0 0 , dont
une trentaine de membres
c o l l e c t i f s et une c i n q u a n t a i n e de m e m b r e s
corporatifs.
Le n o u v e a u président, M. L o u i s MASS0N (notre p h o t o ) ,
licencié en droit d e n o t r e U n i v e r s i t é , est né à M o n treux en 1 9 1 8 . A p r è s avoir exercé d e s f o n c t i o n s a u
T r i b u n a l de L a u s a n n e et au T r i b u n a l c a n t o n a l , il est
e n t r é à LA S U I S S E , S o c i é t é d ' a s s u r a n c e s sur la v i e et
c o n t r e l e s a c c i d e n t s , dont il est a u j o u r d ' h u i l'un
des directeurs.
N o s f é l i c i t a t i o n s s ' a d r e s s e n t é g a l e m e n t a u Prof.
C l a u d e VERDAN, doyen de la F a c u l t é d e m é d e c i n e p e n dant la p é r i o d e u n i v e r s i t a i r e é c o u l é e , q u i a obtenu
p l u s i e u r s d i s t i n c t i o n s au c o u r s d e c e t t e a n n é e . C'est
ainsi qu'il a é t é r e ç u e n
q u a l i t é d e membre d e l'Ac a d é m i e de c h i r u r g i e de
P a r i s , en r e c o n n a i s s a n c e
de s e s r e m a r q u a b l e s t r a vaux et d e s e x c e l l e n t e s
r e l a t i o n s qu'il e n t r e tient avec l e s c h i r u r g i e n s d e F r a n c e . Il vient
d ' ê t r e choisi comme p r é sident d u G r o u p e d ' é t u d e
de c h i r u r g i e de la m a i n
( G E M ) , à Pari s, pour la
période 1975 / 76. A u
p r i n t e m p s d e r n i e r , il a
été a p p e l é à p r é s i d e r le
Congrès du Collège international des chirurgiens,
BIBLIOGRAPHIE
A l b e r t BEGUIN et G u s t a v e R 0 U D : L e t t r e s sur le r o m a n t i s m e allemand.
(Etudes de l e t t r e s ,
Lausanne)
Introduit p a r P i e r r e G r o t z e r , le c o n n a i s s e u r par e x c e l l e n c e d e l'oeuvre d'Albert B é g u i n , annoté p a r
F r a n ç o i s e Fornerod, a s s i s t a n t e au C e n t r e de r e c h e r c h e s s u r l e s L e t t r e s romandes de l'Université d e L a u sanne, illustré de q u a t r e f a c - s i m i l é s i m p o r t a n t s , cet
o u v r a g e de h a u t e qualité est offert en s o u s c r i p t i o n ,
jusqu'au 25 n o v e m b r e 1 9 7 4 , aux a b o n n é s d e s E t u d e s d e
L e t t r e s , a u x m e m b r e s d e l'Association d e s E t u d e s d e
L e t t r e s et aux m e m b r e s d e la S o c i é t é a c a d é m i q u e v a u doise.
Henri Druey, correspondance
(tome I ) , é d i t é e p a r
Michel S t e i n e r et A n d r é L a s s e r r e .
(Bibliothèque
historique vaudoise, Lausanne, 1974,
qui s'est tenu à L i m a , et à c e t t e o c c a s i o n , il a r e ç u
le d i p l ô m e de c i t o y e n d ' h o n n e u r de la V i l l e de L i m a .
En rentrant d u Pérou, il a p a r t i c i p é a u P h i l a d e l p h i a
H a n d S y m p o s i u m , qui lui a d é c e r n é un d i p l ô m e pour sa
c o n t r i b u t i o n à l'avancement d e la c h i r u r g i e de la
m a i n . A j o u t o n s q u e le Prof. V e r d a n a é t é président d e
la S o c i é t é s u i s s e d e c h i r u r g i e p l a s t i q u e et r e c o n s —
tructive de 1972 à 1974.
UNIVERSITAIRE
Classement
Catégorie
points
700
640
610
Droit
2. H E C
CHAMPIONNAT
D i r e c t e u r d e l'Ecole d e f r a n ç a i s moderne et d u C e n t r e
de r e c h e r c h e s u r l e s l e t t r e s r o m a n d e s , il a fait s e s
VOLLEYBALL
700
640
610
58O
550
520
ASUL
Français
Vietnamiens
SPECIAL
1. SAS I
2 . S A S II
L o r s de son a s s e m b l é e g é n é r a l e d u 8 juin d e r n i e r , la
S o c i é t é a c a d é m i q u e v a u d o i s e a élu un n o u v e a u p r é s i dent en la p e r s o n n e de M,
L o u i s MASS0N, q u i succède
à M J e a n - P i e r r e BAUD,
avocat à L a u s a n n e . S o u s
la p r é s i d e n c e de c e d e r nier, qui a é t é c h a r g é
N o u s n o u s r é j o u i s s o n s de
la d i s t i n c t i o n dont il a a i n s i é t é l'objet et lui
présentons nos vives félicitations.
IN T E R - S O C I E T E S
points
1 . Dago
2. S A S
100
80
70
60
50
40
Uffer-Ryncki-Berry
S A S IV
F r a n ç a i s II G e n t i l i n i — d e C a r b o n n e l - H a u v e t t e
SLALOM
final
GEANT
Wiesmann—Boutinard-Klaue
A u début du p r i n t e m p s d e r n i e r , le Prof. G i l b e r t
GUISAN a reçu l e s i n s i g n e s d e c h e v a l i e r d e la L é g i o n
d honneur.
1964.
Répartition des points, par sociétés
SLALOM
SOCIÉTÉ ACADÉMIQUE
VAUD0ISE
1
Jean-François
1.
DISTINCTIONS
52'11.5
55'39.1
55'44.0
56' 2 9 . 4
Jean-Pierre
62'45-6
6467
6546
6789
Pierre
Althaus
étudiants
2. Morier-Genoud Jacques
3- D e c o m b a z J a c q u e s
points
Philippe
Antonini
Catégorie anciens
v o l . 53)
La p u b l i c a t i o n d'une partie importante d e s l e t t r e s
d'Henri Druey o f f r e un intérêt de p r e m i e r o r d r e d a n s
le d o m a i n e s p é c i f i q u e de l'histoire p o l i t i q u e v a u d o i se et suisse pour l e s a n n é e s 1830 — 1 8 5 5 . L e s a u t e u r s
ont r e c o u r u à d e m u l t i p l e s s o u r c e s , notamment A r c h i v e s f é d é r a l e s , B i b l i o t h è q u e p u b l i q u e et u n i v e r s i t a i r e
de G e n è v e (département d e s m a n u s c r i t s ) , A r c h i v e s c a n t o n a l e s v a u d o i s e s , et a u t r e s a r c h i v e s p u b l i q u e s et de
q u e l q u e s p a r t i c u l i e r s ; cependant, le p l u s grand n o m b r e de l e t t r e s d e D r u e y et d'autres p i è c e s c o n s t i tuant le F o n d s H e n r i Druey est c o n s e r v é p a r la B i b l i o t h è q u e c a n t o n a l e et u n i v e r s i t a i r e de L a u s a n n e et
compte e n v i r o n d e u x m i l l e lettres d e et à H e n r i Druey
ainsi q u e d e s c a h i e r s d e m é m o i r e s d e l'auteur a l o r s
étudiant en A l l e m a g n e , d e s notes d e c o u r s , d e s p i è c e s
d i v e r s e s . C e t t e p u b l i c a t i o n de la B i b l i o t h è q u e h i s t o rique v a u d o i s e fait suite à l'étude de M. A n d r é L a s serre, "Henri D r u e y " , et complète h e u r e u s e m e n t l e s
travaux c o n s a c r é s à c e sujet jusqu'à ce jour, en f a i sant mieux c o n n a î t r e le F o n d s H e n r i D r u e y .
N o u s a v o n s également a p p r i s avec un v i f p l a i s i r q u e
le Prof. Eric JEQUIER a r e ç u , c o n j o i n t e m e n t avec le
Prof. L u c i e n G i r a r d i e r ( G e n è v e ) et le Prof. G e o r g e s
S p i n n l e r (EPFL) le Prix M a r c e l - B e n o i s t 1 9 7 3 . C e
p r i x leur a été a t t r i b u é p o u r leurs r e c h e r c h e s d a n s
le d o m a i n e d e la c a l o r i m é t r i e , r e c h e r c h e s qui sont l e
fruit d'une intense c o l l a b o r a t i o n e n t r e l e s U n i v e r s i tés de G e n è v e et L a u s a n n e et l'EPFL. La r e m i s e d u
p r i x aura lieu le 7 d é c e m b r e a u P a l a i s f é d é r a l , à
B e r n e . N o u s a u r o n s ainsi l ' o c c a s i o n d e r e v e n i r p r o chainement sur cette distinction.
47
Table des matières
Editorial : En marge de la cinquième assemblée de la Conférence des recteurs européens, à
Bologne. L'autonomie des Universités : l'enjeu d'une ouverture
par le Prof. Dominique Rivier, recteur
1
communi que)
4
L'assemblée de la Conférence des recteurs européens, à Bologne
6
Bologne, la plus vieille université du monde
LA VIE UNIVERSITAIRE LAUSANNOISE
Du neuf pour les SSP
Le Prix Arnold Reymond attribué à François Jacob :
13
- Le Prix Arnold Reymond, Fondation Charles-Eugène Guye
Prof. Daniel Christoff
- Le Professeur François Jacob
Prof. Paul-Emile Pilet 14
Le Prof. Nicolas Oulianoff a reçu le Prix Gaudry
18
La chaire d'honneur de l'Université confiée au Prof. Gerhard Giebisch
20
Le nouveau Centre sportif de Dorigny
21
Nouveaux doyens pour la période académique 1 9 7 4 / 7 6
26
Dies Academicus 1974 : trois docteurs honoris causa
28
Nouveaux professeurs honoraires de l'Université de Lausanne
30
Huit professeurs ordinaires installés au Dies Academicus 1974
34
Hommage à Benjamin Rossel, lecteur à l'Ecole de français moderne
Prof. Robert Marclay 37
Jean-François Maire 38
Benjamin Rossel, grammairien
Hommage à Henri Zwahlen, ancien recteur de l'Université de Lausanne
Prof. Guy Flattet 40
Hommage à Victor Demole, ancien professeur à la Faculté de médecine
Prof. Georges Peters 42
45
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